20/02/2018
Il n'était question que d'artistes américains jusque là, mais rassurez-vous, les Français aussi ont un fort potentiel destructeur !
Chez nous, difficile de passer à côté du travail de César (1921-1998), qui a créé les trophées remis lors de la cérémonie du même nom depuis 1976 ! Il a commencé par la compression d'épaves de voitures réalisées dans des casses, avant de faire de même avec tous types d'objets, pour défier la société de consommation et « recycler poétiquement le réel urbain »1.
Ricard, César, 1962
Compression dirigée d'automobile, 153 x 73 x 65 cm
Source et ©cesarbaldaccini.blogspot.fr/
Il s'agit donc de détruire un objet déjà existant, en lui donnant une portée artistique. Dans le cas des voitures compressées, l'artiste n'effectue pas la destruction lui-même. Son rôle dans le processus est de choisir les compressions qui lui plaisent le plus esthétiquement, et d'en faire des œuvres d'art en les exposant et les présentant comme telles.
La démarche de César le lie clairement au groupe des Nouveaux Réalistes, auquel il a appartenu dès sa création en 1960, avec d'autres artistes « destructeurs » !
Vidéo INA, "Une certaine sculpture", 11 juillet 1960
Entretien avec César. Avancer la vidéo à 5:43 pour voir une compression de voiture
Parmi eux, le plus connu de tous est Arman. Sa démarche est différente de celle de César, puisqu'il choisissait des objets usuels, qu'il détruisait lui-même en public lors d'un happening. Il réunissait ensuite les débris sur une toile, réalisant une composition qui devenait l’œuvre d'art. Sa plus célèbre création/destruction est Chopin's Waterloo, un panneau créé à partir de la destruction d'un piano lors d'un happening en mars 1962. Pour lui, il s'agit d'utiliser son énergie dans la destruction, créant ainsi de nouveaux éléments plastiques pour créer ensuite.
Chopin's Waterloo, Arman, 1962
Éléments de piano fixés sur panneau de bois - 186 x 302 x 48 cm