03/09/2026
JEAN-PIERRE MALTESE, LES COULEURS DE LA LIBERTE
Jusqu’au 20 septembre, le château accueille les œuvres du peintre Jean-Pierre Maltèse, à l’occasion d’une exposition organisée par l’Office Culturel en partenariat avec la galerie Estades. Formé aux Beaux-Arts de La Seyne pour l’acrylique puis à Toulon pour la sculpture et la peinture, il fréquente, dans les années 1970 et 1980, nombre d’artistes régionaux parmi lesquels Michèle Dolfi-Mabily, Marie Astoin, Jean Sardi et Jean Bartoli.
Chez Maltèse, le regard ne s’arrête jamais à la première impression. Il faut s’approcher, revenir, laisser apparaître les détails. Une couleur en appelle une autre, une forme en révèle une nouvelle et, peu à peu, le tableau entraîne celui qui le regarde au-delà de ce qu’il croyait avoir vu.
Il ne peint pas seulement ce qu’il voit. Il cherche l’émotion qui se cache derrière l’image. Le peintre le résume « Un tableau se lit comme un livre, à chacun son degré de lecture. Un tableau raconte une histoire quel que soit son abstraction. L’histoire de son rapport avec les autres objets, avec le spectateur, et sa propre histoire particulière entre les éléments le constituant : forme, couleur, matière, frontière… ».
« La démarche du peintre doit être hésitante. Le plus important, c’est de ne pas savoir où l’on va, pas de certitudes pour avancer. » Cette phrase pourrait servir de fil conducteur à toute son œuvre. L’incertitude est partout dans sa peinture. L’artiste ne cherche pas à apporter des réponses. Il pose des questions par la couleur, les formes et les espaces, puis laisse au spectateur la liberté d’y trouver les siennes.
Au fil du temps, il a construit une peinture identifiable, affranchie des modes et des écoles, dans laquelle la liberté du créateur demeure essentielle. « Et si peindre en dehors des mouvements du goût du jour, était de créer du bonheur qui donne à penser ? », interroge-t-il. Chez lui, la liberté n’est pas une posture. Elle constitue une manière de peindre.
Une toile de Maltèse est une invitation au voyage. De loin, le regard est d’abord attiré par la lumière. Puis on s’approche. Des détails apparaissent, des signes surgissent, des formes que l’on n’avait pas remarquées se révèlent. Le tableau change à mesure qu’on le regarde. Curieusement, les personnages sont absents. Et pourtant, on les imagine partout. Ils pourraient être dans ces champs, cachés derrière les hautes herbes, à bord des voiliers, allongés quelque part au soleil ou réfugiés dans un cabanon pour profiter d’une sieste.
Ses toiles chantent le Sud. Celui de son enfance tunisienne d’abord, celui de la Provence ensuite. Deux Méditerranées qui semblent parfois se rejoindre dans les mêmes parfums, les mêmes lumières et surtout dans une extraordinaire générosité de couleurs. Les rouges éclatent, les jaunes brûlent, les oranges embrasent la toile. Les bleus deviennent profonds, les mauves surgissent lorsque tombe le soir. Alors peuvent apparaître des montagnes noires, des champs de blé rose, des plages vertes, des ciels rayés ou des soleils carrés. Peu importe finalement que les couleurs soient celles de la réalité.
Chez Jean-Pierre Maltèse, elles doivent avant tout être vivantes.
Car le Sud qu’il peint n’est peut-être pas exactement celui que l’on regarde.
C’est celui que l’on ressent.