10/10/2026
Vernissage ce soir de 18 heures à 21 heures !
Exposition "Une étendue lointaine
a consumé nos visages"
Dorothée Clauss
Laurie Delaitre
Ibn El Farouk
Kjetil Karlsen
Nos expositions parfois commencent avec un mort. Il s’agit ainsi de savoir ce qu’il se passe sous ses paupières closes. Ce qu’il se trame encore : quels échos du passé et quelles nouvelles rencontres. Et aussi ce qu’il se trame enfin : quel nouveau voyage de la matière, des formes, des sens. Ici se sont des paysages qui apparaissent. Ils défilent comme si on ne savait lequel était le bon. Chacun d’entre eux aurait son visage, composé de ses rides, fractures, de ses morceaux éclatés, abstraits, que l’horizon compose. Les visages comportent tous leur malédiction –oui, on peut imaginer une nouvelle mythologie pour chacun. Avec une quête à gravir, fiers que nous sommes à nous imaginer héros gothiques, et par cette quête une adversité, la crainte de la perte, des guerres, des monstres cachés par delà les cimes dantesques et dans les sombres interstices des bois. Parcourir un visage, c’est parcourir ce qui l’a consumé. L’exposition s’ouvre avec les trois sorcières prophétesses de Macbeth : « Feu, brûle ; et chaudière, bouillonne » s’exclament-elles. La combustion nous tend la main, à nous de la saisir, à nous de nous en habiller. La chaudière a des entrailles empoisonnées, dit la première sorcière : sachons naviguer dessus, ne pas se laisser couler dans un sommeil où seul le vide monte la garde.
Et pourtant ce vide brûlant, cette topographie de l’absence, c’est bien cela aussi qui porte l’expédition, lui donne corps.. Corps indistincts, corps oubliés, il est possible que nous puissions tirer des survivances de ces visions de quoi remodeler nos visages futurs. Les flammes ont des contours, finalement, que l’on peut immobiliser et nous pouvons leur choisir la forme d’une nouvelle enfance. Ce que nous y projetterons est encore incertain… Nous y réfléchirons dans une prochaine exposition.