11/08/2026
Aux origines de la révélation
Il jonglait avec les formes, jouait avec l'espace, transformait la matière en force vitale, semblant épouser l'infini avec ardeur et fascination dans le mouvement...
L'atmosphère décrite au travers de l'exposition Le ciel pour plafond consacrée à Anton Prinner, présentée au musée Magnelli de Vallauris - jusqu'au 28 septembre - retrace l'itinéraire d'une trajectoire conçue comme pensée philosophique, de temps de silence méditatif, conjuguant à merveille la perfection.
D'origine hongroise, il vint à Paris puis Vallauris dès les années 20... Un sud qui symbolisait - pour l'artiste - le lieu, par excellence, de la création où pouvait s'épanouir la beauté de sa sculpture monumentale.
De l'abstraction proche du constructivisme à une figuration personnelle, rien ne lui semblait étranger...
De la soudure au métal, de la pierre au bois, sa recherche artistique était sans limite, faisant croiser tous les médiums, embrassant tous les registres menant aux chemins de l'élévation ... De la gravure surgissait alors un relief distinctif avec l'utilisation de la papyrogravure, procédé conçu à partir de cartons devenus matrice d'une œuvre en gestation.
Ses différentes expérimentations trouvent ainsi une place singulière dans le champ complexe de l'Art.
Exigence, souci du détail, ses rapports différents avec l'essence même n'ont pas connu - à ce jour - d'équivalents...
Esquissant son portrait, son ami Victor Brauner le figurera dans le cercle fermé de "ses divinités protectrices"...
Rien d'étonnant pour cet "alter ego" épris de mythologie et de symbolisme aux traces de l'unité formelle dans ses conceptions, illustrée par ces corps tendus, ces formes androgynes, ambiguës, troublant le regard par l'intensité de l'esprit qui s'en dégage.
Nous sommes en présence d'une œuvre atypique centrée sur le fondamental, la vérité pour "rendre visible une sagesse perdue" lira -t-on, par ailleurs...
Ici, l'incarnation est réelle... Une peinture aux couleurs restreintes, oscillant entre des bleus-gris sourds, des ocres pâles où la lumière est transfigurée vers on ne sait quelle destinée...
"Epuration, force dans le contexte, absence de superflu, souffle méthodique caractérisent donc son action... Une grandeur orientée vers l'admiration pour les découvertes et les cultures du monde, l'impact de leurs richesses, la source de leur entendement." soulignera Céline Graziani, directrice du musée.
Un art resté dans le secret des grandes réalisations que l'exposition s'efforce de faire connaitre !
A contempler...
Chantal Guionnet Fusco