29/07/2026
Léonore, en licence d’histoire de l’art à Strasbourg, a affecté son stage au musée en juin, en pleine canicule.
Le thème des aléas climatiques l’a inspirée puisqu’elle a choisi son coup de cœur : la section “Crue 1910” de notre collection de cartes postales.
Chère Léonore, nous te laissons la parole pour présenter cela et nous te souhaitons un bel été sous un climat plus clément !
🎤 “La carte que j’ai en main représentant le casino de Nogent, en vérité fameuse ginguette de l’île de Beauté, est particulièrement frappante. On y voit la salle de danse, englouti sous l’eau, praticable seulement en barque. La beauté du lieu, couplé à l’étendu d’eau tout en jeux de miroirs, confère à cette photographie un charme étonnant !
J’ai choisi de présenter cet ensemble de cartes postales montrant les conséquences de la crue de la Marne de janvier 1910, particulièrement dans les communes Val-de-marnaises de Nogent-sur-Marne, Alfortville ou encore Bry-sur-Marne.
La crue de 1910 est particulièrement ample : les pluies torrentielles font monter la Seine jusqu’à 8,6m ; la Marne elle, grimpe de 8m. Des maisons sont détruites, les activités humaines sont mises en pause. Les usines fournissant l’énergie nécessaire au quotidien, soit le gaz et l’électricité, sont pour la plupart noyées, ce qui a pour effet de couper le courant pour tout Paris, et la plupart des villes de la petite couronne. La Seine regagnera son lit en mars 1910, soit deux mois après le moment où le fleuve était à plus haut niveau.
Le nombre de cartes postales nous informe de l’importance de cet épisode pour les populations franciliennes et parisiennes de l’époque, mais elles révèlent aussi la popularité de ce mode de communication. Ces images permettent en effet de diffuser les nouvelles de l’évènement à l’ensemble du territoire quand la communication de masse par la radio ou la télévision n’existe pas encore. Ces cartes postales nous instruisent sur les modes de diffusion et de rapport aux images du début du XXe s. Même sans lien avec le réchauffement climatique à l’époque, elles nous rappellent la nécessaire prévention et préparation des organisations humaines face aux catastrophes naturelles.”