Du désordre apparent et chaotique des événements survenus dans la vie de Juliette Séveillac. de La Tour d’Auvergne émerge un dessein qui s’impose et se transforme en un destin. C’est ce que suggère l’atmosphère qui se dégage de cet Appartement Galerie d’Art, mélange d’intimité et de convivialité dans un lieu né d’un enchaînement de faits divers, dans une sorte de scénario improbable, imposé par la vie.
Riviera Gallery ne s’est, en effet, pas construite à partir d’un business plan mais elle est le fruit de la combinaison de l’héritage de Ferrero et de l’histoire de Juliette S. de La Tour d’Auvergne pour qui rien n’était fixé d’avance.
Mue par l’amitié, elle se place dans le sillage de Ferrero qui instaura un lieu emblématique de la création niçoise. Héritière de la tradition ainsi établie, mais loin de se laisser aller à une sorte de nostalgie, voire de mélancolie, ignorant même toute peur, elle appartient à la lignée de ceux qui ne sont pas soumis à leur passé et dessinent l’avenir avec cette idée kierkegaardienne que la vie n’est pas un problème à résoudre mais plutôt une réalité dont il faut faire l’expérience. L’insouciance de Juliette S. de La Tour d’Auvergne n’a rien de candide ni de juvénile. Tout en ayant une apparence de légèreté, elle favorise la rencontre du créateur avec le public en rendant accessible sa vision, s’apparentant souvent aux images surréelles si chères à Bachelard et se faisant l’écho freudien de l’avenir d’une illusion. Il existe souvent un lien brut et mystérieux entre l’artiste et le galeriste qui, à l’instar du lapidaire qui taille et polit la pierre précieuse, met en valeur, par son travail, le talent de l’artiste qu’il expose. C’est une rencontre dont la force échappe à toute tentative de rationalisation. La galerie devient alors un lieu privilégié où s’unissent et se fondent divers talents pour porter au plus haut le génie des créateurs. Pour réussir cela, il faut une personnalité et des qualités hors pair. C’est le cas de Juliette S. de La Tour d’Auvergne qui sait mettre au service de sa passion pour l’art et de son amour pour les artistes toutes les ressources d’un esprit imaginatif, de réelles capacités de persuasion et une sensibilité lui permettant d’entrer dans l’univers des artistes qu’elle expose.
Dans cet esprit, Juliette S. de La Tour d’Auvergne réussit à faire de cette galerie un lieu d’exposition de réalisations qui nous renvoient l’écho de nos fragilités, de nos émotions suspendues, de nos déchirements mais également de nos joies. Cette galerie incarne la relation essentielle que pourrait entretenir le vivant avec l’existence.
Chaque ville a besoin de lieux symboliques où l’on puisse tous se sentir vivre avec des oeuvres qui mettent en images notre monde et sa complexité. Nice, tout particulièrement, a besoin d’un haut lieu de la culture qui sorte de l’institutionnel, sans couper avec lui, espace privilégié pour un véritable renouveau, vital, exaltant, mettant au jour toutes les créations artistiques afin de les promouvoir.
Le 2 rue du Congrès devient cet espace d’expériences esthétiques qui s’impose à Nice pour insuffler ineffablement un esprit imaginatif, inventif et créatif.
Pour notre bonheur, Juliette S. de La Tour d’Auvergne s’adonne dans cet appartement, Riviera Gallery, à une réécriture de la mise en valeur de l’art et instaure un lieu destiné à être une réserve inépuisable de l’inspiration démiurgique niçoise. Cette galerie veut être le lieu privilégié d’oeuvres d’art universelles. Car, dans une société qui se caractérise par sa sublime indifférence et un puissant mépris de la vie, c’est à nous de donner un sens à ce qui nous entoure en donnant libre cours à notre pensée.
A côté des nombreux événements organisés dans l’univers azuréen, bien souvent dans un but de divertissement au sens pascalien du terme, Riviera Gallery ouvre, lors de chaque exposition, un lieu d’art où l’intelligence et la sensibilité s’unissent pour magnifier les oeuvres, initier un dialogue, instaurer un état de grâce propice à l’ouverture, à l’écoute de ce que Malraux a si bien appelé les « voix du silence ».
C’est ainsi que Juliette S. de La Tour d’Auvergne réhabilite un environnement culturel dans le même esprit que Kant qui considérait que le beau était un universel sans concept. Il s’agit de faire de l’art un exutoire esthétique où l’on met en avant ce qui n’a aucune fonction dans le processus vital de notre société. S’engager dans l’art est une forme de virtuosité dans l’action, surtout lorsque l’on fait advenir l’improbable dans ce monde. Promouvoir les échanges autour de l’art, c’est, quelque part, devenir faiseur de miracles.
Juliette S. de La Tour d’Auvergne fait ses armes, à l’ombre, stimulante, de Ferrero. Elle nous permet d’écouter les voix extraordinaires, riches d’expressions et d’interprétations, de tous les talents qu’elle va exposer, talents sur lesquels nous allons « promener une éternelle ferveur » en espérant atténuer la distance qui existe entre nos possibilités à percevoir et le monde réel. Il y a une part d’aléatoire dans ce qu’elle bâtit, dans la veine de l’esprit de Paul Valéry qui, dans l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, écrit qu’ « il ne s’agit pas de réduire la création à l’enthousiasme et au délire pythique, à l’inverse il ne faut pas imaginer que l’oeuvre d’art est l’exacte réalisation du projet que l’artiste a conçu ». Elle nous donne à voir la fragilité de l’artiste, elle nous fait percevoir la précarité de ce monde plein de bruit et, ce faisant, permet au temps de « suspendre son vol » pour un instant.
Elle emploie tout son talent à mettre en évidence ce qui innove. Juliette S. de La Tour d’Auvergne réécrit ainsi la tradition de la galerie et s’inscrit dans une lignée qui a renforcé le lien entre les artistes et la ville. C’est aux artistes d’affirmer leur originalité en réinventant, comme La Fontaine l’a fait à partir des fables d’Esope, de Phèdre ou d’autres mais en exprimant un regard renouvelé sur le monde.
Une galerie est un lieu de distanciation et de catharsis où l’on peut redéfinir la vie à travers le prisme de l’art, donnant ainsi naissance à un nouveau genre de perception. C’est ce que veut réussir Juliette S. de La Tour d’Auvergne, c’est ce que nous lui souhaitons de réaliser.
Esprit Contemporqin
François Birembaux pour Juliette S. de LA TOUR d’AUVERGNE
Informations pratiques
Riviera GALLERY, 2, Rue du Congrès - 06 000 Nice
Site : www. riviera-gallery.com
Instagram : @rivieragallery_nice
Facebook : @rivieragallery.art
Mail : [email protected]
Directrice Générale
Juliette S. de LA TOUR D’AUVERGNE
+33 6 04 52 46 24