12/06/2026
[LA REPONSE DU VENDREDI]
Vous êtes plusieurs à avoir trouvé la bonne réponse. Bravo à vous ! Il s'agissait effectivement de Philippe Cognée avec cette œuvre intitulée "Autoportrait tête d'autruche" peinte en 2001.
Après un séjour à la Villa Médicis, Philippe Cognée se détache de sa veine africaine, celle de ses quinze années d'enfance au Bénin : sculptures et dessins étaient alors parcourus de signes primitifs, accueillaient des animaux et des hommes. En 1993, Cognée se consacre exclusivement à sa technique dite "à l'encaustique", qui transforme la perception visuelle de ses œuvres. La cire tiède étendue sur le dessin préalable est comme une peau. Le passage, in fine, d'un fer à repasser brouille l'image, la fait fondre en quelque sorte. Cognée travaille d'après des photos et des vidéos personnelles, du banal en somme : baignoires, cabanes de chantier, réfrigérateurs, chaises de jardin… Son "Autoportrait tête d'autruche" subit la déformation d'une prise de vue en contre-plongée : cou étiré, nez massif et surplombant, front fuyant. Cette métamorphose rappelle la composition de certains portraits de Francis Bacon ou Lucian Freud. Avec ceci en plus que, derrière sa pellicule de cire, encapsulée, la réalité s'étend comme une flaque : que dire de l'oreille gauche ? L'oeuvre de Cognée est une éternelle poursuite du souvenir et de la mémoire, une tentative de cadrer les fantômes.