28/08/2026
[LA RÉPONSE DU VENDREDI] Bravo à vous ! Vous êtes plusieurs à avoir trouvé Denis Laget avec cette huile sur toile intitulée "Icare".
Denis Laget commence à peindre au début des années 80. Il est alors associé au renouveau de la peinture qui réunit en France, sous la bannière de la Figuration libre, des peintres d’horizons variés. Étudiant à l’école des beaux-arts de Saint-Étienne, il participe en 1980 à l’exposition collective organisée par le musée d’Art et d’Industrie de la ville, “Après le classicisme”, qui prend le pouls de ces nouvelles vitalités picturales. La peinture de Denis Laget vient après l’abstraction et laisse advenir le motif du fond chaotique de l’image .
De ses grands formats, tout de bleus et d’ors, émergent d’énigmatiques figures ailées, prétextes à un jeu tourbillonnant de touches et de taches. Ces premières œuvres au climat mélancolique donnent le ton d’une pratique de la peinture bientôt qualifiée par la critique de “cannibale” en cela qu’en un même geste elle incarne et décharne l’image. En surface, les mouvements de la peinture, ses empâtements et ses débords, l’animent et la modèlent, en laissant surgir un être de chair. Si l’œuvre fascine par sa puissance évocatrice, elle invite également à une réflexion sur la condition humaine. Denis Laget, en réactivant ce mythe antique d’Icare, nous renvoie à nos propres limites et à notre désir insatiable de les dépasser.