04/06/2026
Que voit-on derrière les odalisques d’Ingres ?
🌙 Au 19e siècle, le thème de l'Orient fascine les artistes européens. L’auteur Edward Saïd le soulignera plus t**d, c'est un Orient imaginé, construit à partir de récits de voyage, d’objets rapportés, de gravures et de fantasmes.
🎨 Jean-Auguste-Dominique Ingres fixe avec ses œuvres une iconographie devenue emblématique : femmes alanguies, tissus précieux et turbans composent un univers sensuel et fantasmé. Pourtant, le peintre ne voyage jamais plus à l’est que Rome.
🔎 Son inspiration puise notamment dans l’œuvre de Jean-Baptiste Van Mour, artiste valenciennois installé à Constantinople au début du 18e siècle. Il est l’un des premiers artistes européens à représenter de manière systématique les costumes, cérémonies et figures de l’Empire ottoman. Ses peintures deviennent une véritable banque d’images orientalistes pour les générations suivantes. Elles sont diffusées dans toute l’Europe grâce au "Recueil de cent estampes représentant les diverses nations du Levant". Certains de ses motifs se retrouvent jusque dans les œuvres d’Ingres, notamment dans La petite baigneuse.
✨ Entre observation, réinterprétation et fantasme, Van Mour et Ingres participent à la construction d’un imaginaire occidental de l’Orient qui continue aujourd’hui d’être questionné par les artistes et les historiens de l’art.
🖼️ Découvrez ces œuvres dans l’exposition Par-delà les Mille et Une Nuits au Louvre-Lens, jusqu’au 20 juillet 2026.
Crédit des œuvres :
🌙 Tête de la Grande Odalisque, Jean-Auguste Dominique Ingres, 19e siècle, Musée du Louvre, © GRAHAL / Franck Boucourt
🌙 La petite baigneuse. Intérieur de harem, Jean-Auguste Dominique Ingres, 1828, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado
🌙 Portrait d’un dignitaire noir, Jean-Baptiste Van Mour, 17e siècle - 18e siècle, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, © Musée des Beaux-Arts de Valenciennes / Emmanuel Watteau