22/05/2026
Le 9 mai dernier, toute l'équipe du Musée du Niel a eu la joie de recevoir l'artiste Fabienne Verdier et l'écrivain Stéphane Lambert pour la première Conversation autour de l'art de la saison 2026.
L'occasion unique de découvrir l'œuvre exposée, Flux, dans le cadre de l'exposition, "L'Abstraction est une couleur". Fabienne Verdier nous a dévoilé une partie de son mystère :
"Flux", présentée ici au Musée du Niel, a été repérée et acquise une première fois par le collectionneur Daniel Abadie dans mon atelier.
Dans le Vexin où je vis, il y a des champs de colza jaune ou des capucines, ce sont des émotions très fortes. Comment saisir avec les pigments, les reflets de la nature, les vibrations de ces microstructures ? Je voulais interpréter un flux du vivant. J’ai passé des semaines et des semaines sur le fond du tableau pour traduire la subtilité des fleurs qui me fascinait. Le fond n’est pas un support décoratif, c’est un espace où tout peut prendre vie et qui dégage des fréquences plus ou moins fortes. C’est un vrai travail de maturation sans lequel le trait ne peut exister.
Le noir ensuite est très important. Synthèse de tout le prisme des couleurs de la lumière, le noir, c’est comme si on ressentait un arc-en-ciel invisible, une forme d’unité organique...cela fait plus de quarante ans que je travaille le noir. Quand je scanne le réel autour de moi, le noir carbone me permet de saisir l’architecture originelle de l’univers, il n’est pas néant mais au contraire, un réservoir des formes du possible, une énergie compacte dont tout émerge, un langage universel, une matrice invisible du vivant. Dans Flux, avec le noir, j’ai essayé une retenue ascétique, un dépouillement minimal en pensant toujours au poète René Char : « La couleur noire renferme l’impossible vivant ».
Dans chacun des deux traits, c’est comme un arrachement de matière, on voit les frontières de la matière, de l’infiniment petit de la peinture à l’infiniment grand de l’univers. Je vois en fait des formes très proches des scientifiques en captation de tous les mouvements. L’observation du peintre - l’atelier est un laboratoire - est comme celui du physicien ou du géomorphologue. Ce que je cherche depuis tous mes refuges immergés dans la nature, ce sont les mouvements des nuages, les turbulences de l’air, le ressac de la mer, l’humidité de l’air, la force du vent ; j’essaye de capter ces expériences contemplatives pour réjouir celui qui regarde les tableaux."
Prochaine Conversation autour de l'art, le jeudi 25 juin à 18h. Nous recevrons la galeriste, éditrice et commissaire d'exposition, Yoyo Maeght. Cela sera l'occasion de revenir sur la première exposition de la Galerie Maeght en 1946 au titre provocateur, Le Noir est une couleur.
Les recettes de la conférence sera intégralement reversée à la Fondation UNINGO et en particulier à l'association Roue libre qui accompagne les personnes en situation de handicap pour se dépasser à travers le sport. Le Musée du Niel est partenaire de à l’hôpital Renée Sabran depuis 2024.
Réservations sur notre billetterie en ligne : www.museeduniel.com