12/02/2026
Exposition Kandinsky
« La musique des couleurs » – 27 janvier
Cité de la Musique
Nous sommes accueillis par la charmante et très compétente Louise, notre guide, particulièrement spécialisée en musicologie, qui nous invite à nous immerger dans l’univers de la synesthésie : un phénomène neurologique involontaire et automatique consistant à associer plusieurs sens.
Chez Vassily Kandinsky (1866-1944), cette synesthésie relie de façon intime la musique et la peinture.
Né à Moscou dans une famille cultivée, le jeune Kandinsky s’initie dès l’âge de huit ans à la poésie, à la musique et à la peinture. Deux expériences majeures vont révéler ce trait singulier de sa sensibilité artistique :
• En 1896, à Moscou, lors d’une exposition impressionniste, face aux Meules au soleil de Claude Monet,
• Puis lors d’une représentation du Lohengrin de Richard Wagner au théâtre du Bolchoï, expérience sensorielle si intense qu’il dira avoir été submergé par une vision de couleurs évoquant un coucher de soleil illuminant Moscou.
Moscou, la ville aux « quatre fois quarante clochers », restera pour toujours son diapason musical.
Après des études de droit, Kandinsky opère à trente ans une reconversion radicale et entre aux Beaux-Arts de Munich. Il n’aime pas le dessin académique ; ce sont les couleurs qui l’obsèdent. Il fonde sa propre école, ouverte aux femmes, et rencontre Gabriele Münter, sa compagne, dont l’influence marque un tournant décisif dans sa vie artistique.
La peinture évolue vers une polyphonie de couleurs, une simplification progressive des formes, jusqu’à l’abstraction en 1911.
La Vache bleue illustre cette période, où la peinture s’accompagne de résonances musicales : sons de cloches, cymbales et tam-tam. (Goudounov)