03/08/2026
Le 3 août 1954, Colette s'éteint dans son appartement du Palais-Royal, à Paris. Sa petite flamme avait bu toute son huile. Le 7, l'Etat français lui accorde, pour la première fois à une femme, des obsèques nationales. Des milliers de parisiennes et de parisiens défilent devant le catafalque dressé dans la cour d'honneur, entouré de dizaines de bouquets, de couronnes et de gerbes de fleurs, envoyés par des anonymes comme par les grandes célébrités de l'époque. "Au Père-Lachaise, le 7 août 1954, il ne s’agissait pas de pompes funèbres, mais bien de jardiniers qui bêchent, d’un passage d’un règne à un autre, d’une terre et d’une chair qui collaborent", confie son ami Jean Cocteau. Colette sera inhumée au Père Lachaise, tandis que ses parents Sido et le Capitaine, et ses frères, les "sauvages", Achille et Léopold, reposent à Châtillon-Coligny. Dans une ultime confidence, l'écrivaine âgée, malade et souffrante, avait redit sa foi dans les éclosions et les renaissances, celles que la nature lui avait permis d'admirer pendant 81 ans :
"Plus que sur toute autre manifestation vitale, je me suis penchée, toute mon existence, sur les éclosions. C’est là pour moi que réside le drame essentiel, mieux que dans la mort qui n’est qu’une banale défaite. Tout ce qui m’a étonnée dans mon âge tendre m’étonne aujourd’hui bien davantage. L’heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Le monde m’est nouveau à mon réveil chaque matin et je ne cesserai d’éclore que pour cesser de vivre." (Colette, allocution, janvier 1954)