10/10/2026
Nouvelle acquisition : Enguerrand Quarton et la Provence à la Renaissance
C’est une redécouverte pour l’histoire de la peinture comtadine du XVe siècle : deux panneaux de retable représentant saint Paul et saint Augustin, attribués à (vers 1412/1415 – après 1466) et à son entourage immédiat, viennent enrichir les collections de
L’importance de cette découverte tient d’abord à la rareté des peintures conservées de Quarton, l’un des grands maîtres de la peinture européenne du XVe s. Son œuvre est connue à travers un corpus très restreint : le retable Cadard, conservé au Château de Chantilly ; le Couronnement de la Vierge de Villeneuve ; le retable Requin du Petit Palais: Palais des Papes 🔑 ; et le retable de Carpentras.
D’autres chefs-d’œuvre, parmi lesquels la célèbre Pietà de Villeneuve et le retable de Boulbon du Musée du Louvre ou encore le Saint Siffrein du Petit Palais, ont été rapprochés de Quarton ou de son milieu, à des degrés divers de certitude. Plus mystérieux encore demeure l’univers des peintres qui travaillaient aux côtés du maître : Pierre Villate, Jean de la Cour, Aubry Dombet, etc. L’identification des œuvres et la compréhension des pratiques collectives demeurent énigmatiques. Dans un domaine où les découvertes sont rares, l’apparition de ces deux panneaux permet de renouveler notre connaissance de la peinture provençale des années 1460.
Leur caractère exceptionnel réside également dans la délicatesse des détails naturalistes. Au pied de saint Paul apparaissent des fraises des bois et des pissenlits, tandis qu’un papillon vient se poser sur les fleurs mauves qui s’épanouissent auprès de saint Augustin. Ces plantes, représentées avec attention, invitent à une lecture symbolique. Le pissenlit évoque la lumière spirituelle ; la fraise rouge indique le sang et la Passion du Christ ; la mauve suggère la guérison, et, par extension, le pardon. À ces merveilles végétales répondent oiseaux, paysages, architectures, brocarts précieux et minuscules figures de saints brodées sur les vêtements liturgiques, etc. Un univers se déploie. La monumentalité sacrée des figures rencontre l’observation sensible de la nature.