Musée Anesthésie Médecine Besançon

Musée Anesthésie Médecine Besançon Connaissez vous ce musée crée en 2000
à l'hôpital Saint Jacques? Actuellement uniquement accessible en visite virtuelle
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Nous vous présentons aujourd’hui un cathéter familièrement appelé « DRUM » par ses utilisateurs. Le Musée en possède un ...
27/05/2026

Nous vous présentons aujourd’hui un cathéter familièrement appelé « DRUM » par ses utilisateurs. Le Musée en possède un exemplaire en parfait état.
Développé dans les années 1970, ces cathéters permettaient de mettre en place une voie veineuse centrale à partir d’une veine du membre supérieur.
C’était une innovation très intéressante, car elle évitait les complications qui pouvaient survenir en posant un cathéter par voie centrale (pneumothorax essentiellement).
Un cathéter veineux central est un tube mince et flexible qu’on met dans une grosse veine arrivant au cœur. On l'appelle aussi voie veineuse centrale ou voie centrale. (VVC)
On peut atteindre ces veines arrivant au cœur (veines cave supérieure et inférieure) par les veines qui drainent le sang soit de la partie supérieure du corps (système cave supérieur), soit de la partie inférieure du corps (système cave inférieur).
Une VVC peut être insérée dans une veine du cou (jugulaire externe ou interne), du thorax (sous-clavière) ou du bras pour le système cave supérieur. Par la veine fémorale pour le système cave inférieur.
Actuellement certains cathéters sont munis de 2, 3 ,4 lumières : on les appelle cathéters à double, triple ou quadruple lumière. Cela permet de recevoir plus d’un traitement à la fois grâce à un seul abord et d’administrer simultanément des traitements qu’il est impossible d’injecter par une même voie (incompatibilité chimique). Selon le type de cathéter, on peut le laisser en place pendant des semaines, des mois ou des années.
Indications des VVC :
• L’absence de voies veineuses périphériques utilisables : patients traités depuis longtemps en IV, vaisseaux vasoconstrictés par le froid (hypothermie dans les accidents de la voie publique l’hiver, ou chez les patients tombés à l’eau : Le Doubs par exemple est à 16 degrés jusqu’en juin), mauvais capital veineux de base…
• L’administration d'agents ayant une toxicité veineuse périphérique, mal supportés par les veines périphériques qu’ils peuvent abimer et qui doivent être administrés pendant plusieurs jours : certains médicaments (Cordarone, certains antibiotiques, potassium, amines vasopressives (adrénalines, noradrénaline…)), les chimiothérapies en général, la liste n’est pas limitative.
• L’administration intraveineuse (IV) de liquides et d’une nutrition parentérale lorsque le patient ne peut plus s’alimenter correctement par voie orale, quel qu’en soit la cause (vomissements, troubles de la déglutition, pathologie ORL, dénutrition importante....,)
Il faut bien se souvenir que dans les années 1970, nous n’avions que des repères anatomiques pour poser les VVC.
La clinique, que la clinique. Les complications pouvaient être au rendez-vous. Seul l’expérience pouvait réduire la fréquence des complications, et l’expérience ne s’acquiert qu’avec le temps….
Actuellement, les voies veineuses centrales et parfois périphériques sont posées à l’aide d’un échographe, qui permet de savoir exactement où se situe les veines, les artères ..., ce qui permet de cathétériser la veine en toute sécurité puisque l’on sait où elle se trouve. Les complications en sont grandement réduites.
Les abords centraux par jugulaire interne et sous -clavière sont souvent remplacés par les PIC-Line, c’est-à-dire une voie centrale mise à partir d’une veine du bras, sous contrôle échographique et radiologique. Les complications sont moindres. Ce sont les DRUMS d’aujourd’hui.
N’oublions pas les chambres implantables (CIP) utilisées pour les chimiothérapies. Elles peuvent être posées en jugulaire interne, sous-clavière ou PIC-line.
L’endroit où l’on injecte la chimio (CIP) est sous-cutané, à distance de l’entrée dans la veine elle-même, pour diminuer les risques d’infections.
On insensibilise la peau qui recouvre la CIP avec une application de lidocaïne (Anesthésique locale) pour un meilleur confort du patient au moment où on introduit l’aiguille pour la pose de la chimio.

Le premier abord veineux central remonte à 1929 : Werner Theodore Otto Forssmann, médecin allemand
- S’anesthésie le bras
- S’incise la veine basilique
- Y introduit via un trocart un cathéter qu’il poussera jusqu’à l’oreillette droite.

Pour en revenir au DRUM de notre Musée, on le posait de la façon suivante : on perforait une veine de gros calibre du membre supérieur avec une aiguille d’un diamètre très respectable. Une fois en place, l’aiguille était protégée par 2 ailettes en plastique qu’on positionnait pour recouvrir l’aiguille et qui étaient fixées entre elles par un anneau en plastique afin que l’aiguille, sortie du bras, mais qui restait sur le cathéter ne blesse le patient et n’abime le cathéter. On montait le cathéter enroulé dans le petit étui qu’on voit en bas, jusqu’à ce qu’il soit en place, à l’abouchement de la veine cave supérieure.
Un contrôle radio systématique permettait de s’assurer de la bonne position du cathéter.
Pour les connaisseurs, je me permets d’ajouter que pendant toute la montée du cathéter, nous priions pour que celui-ci ne s’engage pas dans la jugulaire interne puis dans la tête. Ce qui obligeait à recommencer toute la procédure.
Une fois, un DRUM est placé chez un jeune homme victime d’une fracture ouverte, afin de lui administrer des antibiotiques. Le patient, très agité, réussit à désolidariser les ailettes de protection de l’aiguille. Celle-ci, non protégée, coupe le cathéter central. Le cathéter reprend sa forme initiale, enroulé sur lui-même. Comme le cathéter était bien placé à l’entrée de l’oreillette droite, celui-ci s’est replié sur lui-même dans le cœur.
Et c’est ainsi que ce jeune homme qui ne souffrait au départ que d’une fracture ouverte et d’un fort mauvais caractère aggravé par l’utilisation de substances hallucinogènes. Ce jeune homme donc a bénéficié d’une intervention de chirurgie cardiaque avec circulation extra-corporelle pour pouvoir récupérer le DRUM qui s’était enroulé dans le cœur.
On dit toujours en médecine que l’utilisation d’une thérapeutique doit pouvoir justifier les complications qu’elle peut entrainer….

Le Musée possède un certain nombre de médailles commémoratives, concernant des personnalités, des lieux, des techniques ...
17/05/2026

Le Musée possède un certain nombre de médailles commémoratives, concernant des personnalités, des lieux, des techniques (vaccination) …toutes en rapport avec la médecine.
Émettre une médaille à l’occasion d’un évènement marquant : survenue d’une épidémie, ouverture d’une structure hospitalière, décès d’un professeur ou d’un ami médecin, départ en retraite (à l’époque peu fréquents, la mortalité était précoce, la retraite t**dive ou non envisagée) …. était une pratique répandue jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Cette habitude est tombée en désuétude.
Nous vous exposons ici quelques-unes des médailles de notre collection, plusieurs médecins inconnus de nous y sont honorés. Elles ont une valeur historique, leur valeur vénale est très limitée.
Nous nous serions fait un plaisir de vous exposer une médaille honorant une femme médecin. Mais voilà nous n’en n’avons pas. On se demande pourquoi. Vraiment ?
Un peu d’information à ce sujet.
Pour être médecin, une femme devait avoir l’accord de son mari, pour faire ses études puis pour exercer son métier, n’importe quel métier d’ailleurs. Les femmes mariées étant jugées irresponsables juridiquement par le droit français de l'époque. Elles ne pouvaient ni travailler, ni ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari, et ce jusqu’en 1965. Mais oui ,1965.
Lasses de se voir confier les actes dédaignés par leurs confrères, les quelques centaines de femmes médecins du début du XXe siècle s’unissent pour mieux se faire entendre et mieux définir leur rôle.
L’Association Française des Femmes Médecins est une association au statut « loi 1901 », créée en 1923 par le Docteur Thuillier-Landry, dans le cadre de l’Association Internationale des Femmes Médecins.
Déclarée le 20-02-1924, elle figure au Journal Officiel du 22-02-1924 (p.1823) et fut reconnue d’utilité publique par le décret du 08-04-1931(J.O. du 05-05-1931, p.4971).
En 1923, les femmes médecins françaises voyaient leur rang grossir d’une soixantaine de titres de docteur en médecine par an. Elles suivaient le chemin tracé par la première femme médecin française, Madeleine Brès qui soutint sa thèse en 1875 sur « la mamelle et l’allaitement ».
Celle-ci confiera plus t**d à un journaliste de L’Intransigeant qu’« elle a bénéficié de beaucoup de curiosité… ce qui lui a permis d’exercer son métier » …
On ne peut s’empêcher de remarquer que les femmes médecins françaises ont acquis leur reconnaissance professionnelle avant le droit de vote octroyé aux Françaises par l’ordonnance du Général de Gaulle du 21 avril 1944 ! Droit de vote octroyé en raison de leur engagement dans la résistance.

Vous connaissez tous quelqu’un qui a eu une jambe ou un bras cassés, qui a été opéré et a retrouvé l’usage de son bras o...
10/05/2026

Vous connaissez tous quelqu’un qui a eu une jambe ou un bras cassés, qui a été opéré et a retrouvé l’usage de son bras ou de sa jambe cassés après l’intervention.
Ceci est possible à partir du XX -ème siècle, et parce que nous vivons en Europe occidentale ou, malgré les déserts médicaux, nous bénéficions des meilleures prises en charge possibles.
Le Musée possède nombre de dispositifs permettant de réaliser ces interventions, que l’on appelle ostéosynthèse : technique chirurgicale visant à réduire les fractures osseuses. Les fragments osseux sont fixés à l’aide de vis, plaques, clous ou broches, jusqu’à ce que la consolidation soit acquise. Le matériel est ensuite retiré ou non, suivant les cas.
Cette prise en charge n’a pas toujours été aussi simple.
L’existence des fractures est vieille comme le monde. La conduite à tenir théorique aussi.
Dans un premier temps, il faut diagnostiquer l’existence d’une fracture. Ce qui n’était pas toujours facile avant la découverte des Rayons X.
Le 28 décembre 1895, le physicien allemand Wilhelm Conrad Röntgen annonce qu'il vient de découvrir des rayons qu'il baptise X. Rendez-vous compte ! Avec ces rayons, on peut voir à l'intérieur des objets, et quand on interpose la main, ce sont les os qui apparaissent ! L’homme est devenu transparent !
Avant les Rayons X, une fracture était diagnostiquée sur la douleur, la déformation osseuse, l’impotence fonctionnelle ou pas diagnostiquée, quand il n’y avait pas de déformation osseuse par exemple.
Ce que l’on savait, c’était qu’il fallait « réduire » les fractures, c’est-à-dire réaligner au mieux l’os cassé, à partir de la clinique, puis immobiliser la zone fracturée jusqu’à consolidation. Le tout sans radio, juste à partir de la clinique. Le traitement des fractures repose encore actuellement sur cette théorie.
Il est inutile de dire que le succès n’était pas toujours au rendez-vous
Mais le diagnostic et les techniques d’immobilisation ont beaucoup évoluées.
Les premières méthodes d'immobilisation des membres ont été découvertes à Naga-ed-Der en Égypte et datent du 25e ou 24e siècle avant notre ère. Elles consistaient en des attelles en bois maintenues en place par du papyrus, des bandages en lin et de l'écorce d'acacia avec des traces de gomme naturelle, bien que nous ne puissions pas dire si elle était utilisée pour imbiber l'ensemble de la ligature ou simplement pour coller des parties de papyrus et de bandages ensemble.
La principale différence entre les temps modernes et les époques précédentes résidait dans le traitement des fractures ouvertes. Le traumatisme nécessaire pour provoquer une fracture ouverte pouvait souvent entraîner la rupture d'un vaisseau sanguin majeur, entraînant une exsanguination, fréquemment avant même que toute aide n'ait pu être administrée (une grande partie de ce qui est considéré comme une fracture ouverte dans les squelettes anciens ne présente pas de cal formé, ce qui suggère une mort suivant de près la blessure) . Les problèmes liés à la mise en place correcte d'un tel membre nécessitaient souvent une amputation, généralement transarticulaire (section du membre au niveau de l'articulation proximale la plus proche). La transosseuse (coupe à travers l'os en proximal de la fracture) a commencé à être plus courante vers le 1er siècle avant J.-C., Celse étant un partisan de cette méthode. Toutes ces interventions étant bien sûr réalisées sans anesthésie digne de ce nom.
Dans les textes de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, développés dans la partie orientale de l'Empire romain, puis transférés, souvent par l'intermédiaire des chrétiens coptes, aux érudits musulmans du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, l'une des méthodes les plus courantes de traitement d'une fracture consistait à envelopper le membre affecté dans des plâtres rigides mais relativement légers (bien qu’ assez fragiles) faits de poudre fine et d'un liant organique avec des ouvertures alignées sur les blessures potentielles qui permettraient un débridement et une désinfection si nécessaire, ce qui donnait quelque chose d'étonnamment proche d'un plâtre léger moderne. Les matériaux variaient, bien qu'al-Zahrawi mentionne de l'argile ou de la farine finement moulue mélangée à des gommes naturelles comme le mastic, la résine d'acacia et la racine moulue de mughat (Glossostemon bruguieri) composée en grande partie d'amidon, de sève de tamaris et de blancs d’œufs.
Cette méthode, déjà vieille d'au moins un millénaire, a certainement été utilisée au début du XVIIIe siècle, car nous avons le récit d’un chirurgien anglais qui, dans son livre Anatomie du corps humain, se souvient avoir eu son coude immobilisé dans un plâtre fait de bandages trempés dans un mélange de farine et de blancs d'œufs lorsqu'il a subi une blessure dans sa jeunesse.
En 1798, William Eaton, un envoyé britannique à Bassora, a remarqué que le médecin local immobilisait une jambe cassée dans une épaisse couche de "mélange de gypse" qui "s'adaptait parfaitement, aurait pu être coupé au couteau" et si l'œdème diminuait de manière significative, une quantité supplémentaire de plâtre liquide aurait pu être versée à l'intérieur, pour empêcher le plâtre de se desserrer. Il a également remarqué que le plâtre n'était pas dommageable pour la peau à condition qu'il ne contienne pas de chaux vive et aussi que "le membre peut être lavé dans des spiritueux qui pénétreront le revêtement", bien que ce dernier soit incorrect, et il est possible que ce qu'il a décrit soit le traitement de la peau près du bord du plâtre rugueux.
Cette technique, connue sous le nom de plâtre coulé, a rapidement été adoptée au début du XIXe siècle. En 1828, les médecins Ignatz Keyl et Johann Friedrich Dieffenbach de l'hôpital Charité de Berlin ont adopté cette technique en utilisant un plâtre en deux parties, non sans rappeler un moule de coulée, en fixant d'abord la partie inférieure du plâtre, puis en faisant des encoches et en recouvrant la moitié inférieure d'une substance huileuse, puis en versant le plâtre supérieur. Ainsi, les deux moitiés, normalement étroitement liées par des bandages, auraient pu être facilement séparées pour inspection.
Avec les bandages trempés dans des substances durcissantes et les plâtres disponibles, ce n'était qu'une question de temps pour que les médecins combinent les deux, donnant naissance au plâtre moderne qui est encore utilisé aujourd'hui.
Pour résumer, l'idée de faire mettre votre membre dans quelque chose de rigide et de solidement lié est peut-être plus ancienne que l'histoire ou du moins vieille de plusieurs siècles. L'enveloppement de bandages rendu rigides avec une sorte de support, qu'il soit organique ou minéral, serait reconnu vers le 1er siècle avant J.-C. et également par tout praticien médical ancien, médiéval ou moderne.
Le plâtre a commencé à être utilisé depuis le début du XIXe siècle, d'abord comme un plâtre lourd, puis, à partir de la fin de la première moitié de ce siècle, également comme liant pour les bandages, méthode qui est utilisée jusqu'à ce jour, bien qu'elle soit lentement remplacée par les plastiques et les matériaux plus modernes.
Le traitement des fractures pouvait être couronnée de succès, comme ce fut le cas de la fracture traitée par Charles Bovary. (1857)
Avec les bandages trempés dans des substances durcissantes et les plâtres disponibles, ce n'était qu'une question de temps pour que les médecins combinent les deux, donnant naissance au plâtre moderne qui est encore utilisé aujourd'hui.


Néanmoins, il y a eu un avant et un après la naissance de la radiologie. (1895)

Il ne viendrait actuellement à l’idée de personne de traiter une fracture sans avoir réalisé une radio de la partie du corps supposée être fracturée. (Sauf pour évacuer un blessé en temps de guerre).
Le diagnostic de certitude est posé, fracture ouverte ou fermée.
Si la fracture est ouverte, on la « pare », c’est-à-dire qu’on procède à la fermeture de la plaie.
On réduit la fracture si besoin ( c'est à dire on réaligne les os). On immobilise le foyer de fracture avec différente méthodes (plâtre, ostéosynthèse, fixateurs externes, traction …) La consolidation de la fracture est suivie par des radios régulières.
Pendant la Grande Guerre, Marie Curie (Prix Nobel de Chimie et Prix Nobel de Physique) et sa fille Irène Joliot -Curie (Prix Nobel de Physique) ont équipé des voitures qui permettaient de faire des radios sur le front. On pouvait ainsi visualiser les lésions osseuses et les projectiles atteignant le blessé dans les Hôpitaux de campagne. Les traitements par les chirurgiens en étaient grandement améliorés.
Le souvenir des « Petites Curies » et de leur apport inestimable est encore dans la mémoire de tous eux qui en connaissent l’existence.

Un blessé de la guerre d’Espagne nous a rapporté le témoignage suivant. Une b***e lui a traversé la jambe, lui brisant le tibia. Le chirurgien militaire, après avoir soigné ses blessures, lui a bandé la jambe cassée à l’autre jambe, qui lui servait ainsi d’attelle. Il passait la visite aussi régulièrement que possible en ces temps troublés.
Au bout de 3 mois de ce traitement passé au lit (3 mois étant la durée moyenne de la consolidation osseuse pour une fracture de jambe), le chirurgien a défait les bandes solidarisant les 2 jambes, a soulevé la jambe cassée, l’a laissée retomber sur le lit. Elle ne s’est pas recassée. Le blessé, un homme jeune a été déclaré apte à retourner au combat. Pas de phlébite, pas de complications, pas de rééducation. L’homme est parfois très solide.Il était encore tout gaillard 60 ans après.
Dans les photos associées, nous vous montrons différents systèmes d’ostéosynthèses que possède le Musée.
Les immobilisations plâtrées sont encore très utilisées.
La peau est tout d'abord protégée à l'aide d'un tissu jersey. Les bandes de plâtre classiques sont imprégnées de plâtre de Paris. Le plâtre dit moderne fait appel à la fibre de verre en bandes de largeurs variables à tremper également pour réaction exothermique (polymérisation comme le plâtre).
Le plâtre classique est facile à modeler, permettant des contentions externes plus confortables et surtout plus précises. Portés pendant plusieurs mois, il est parfois difficile à supporter. Il est très important que le plâtre soit correctement ajusté pour ne pas entrainer de blessures au niveau de la peau, et des tissus en contact avec lui.
Les plâtres peuvent être en résine (polypropylène thermo malléable à faible température). Ces derniers sont radio-transparents, plus légers et plus résistants à l'eau que les plâtres classiques. Ils offrent également un choix de couleur très apprécié des patients, surtout des enfants.

Nous vous avons déjà parlé des conditions de travail dans les années 1970.La surveillance des patients était quasiment e...
03/05/2026

Nous vous avons déjà parlé des conditions de travail dans les années 1970.
La surveillance des patients était quasiment exclusivement basée sur la clinique. Les seuls appareils de surveillance couramment utilisés étaient le stéthoscope et le tensiomètre manuel.
A l’époque, pas de scanner, pas d’IRM, bien entendu, quasiment pas d’échographie.
Lorsque la clinique parlait, par exemple lorsqu’un patient se cyanosait, ce qui correspond à une hypoxie déjà importante, nous avions très peu de temps (2-3 mn) pour trouver la cause de cette cyanose et y remédier. Sinon, les conséquences neurologiques pouvaient tragiques et les décès rapides.
Le problème était encore plus préoccupant chez les nouveau-nés.
Actuellement, il y a des visites obligatoires chez les parturientes, avec réalisation d’échographie.
Si on décèle des anomalies chez la mère et/ou l’enfant, la grossesse est considérée à risques et l’accouchement se fait en milieu spécialisé, où se trouvent des obstétriciens, des anesthésistes et des pédiatres formés à ces cas difficiles.
Dans les années 1970, rien de tout cela.
Un accouchement se déroulait , un enfant naissait.
Si cet enfant présentait des anomalies, majeures : cardiopathies congénitales, spina bifida (anomalie congénitale du système nerveux médullaire et de la colonne vertébrale), absence de fermeture de la paroi abdominale laissant les viscères à l’air libre (laparoschisis)…il fallait le transférer au plus vite vers le service de réanimation infantile et de chirurgie infantile du CHU.
Un interne en anesthésie, accompagné d’un pompier partaient le plus vite possible pour le lieu de la naissance, et ensuite ramenait le petit patient au CHU de Besançon. Quand il n’y avait pas de place disponible à Besançon, nous allions vers le CHU le plus proche : Dijon, Nancy, Lyon, Strasbourg, Paris ….
Nous mettions le bébé dans une couveuse, sur un petit matelas coquille pour qu’il soit correctement maintenu pendant le transport.
Vous vous souvenez, comme appareils de surveillance : un stéthoscope et un tensiomètre à main. Pour un nouveau -né, le tensiomètre n’était d’aucune utilité.
Restait le stéthoscope, que nous scotchions sur le nouveau -né au niveau du cœur (il n’y avait pas d’électrocardiogramme) afin de ne pas ouvrir la couveuse trop souvent : l’environnement des nouveau-nés doit impérativement être maintenu à une température supérieure à 25 degrés.
Si le nouveau-né était intubé, nous le ventilions à la main pendant tout le trajet. Saint-Claude-Besançon, puis Besançon -Nancy c’était long pour un interne seul.(Il fallait repasser par Besançon pour faire le "plein " de bouteille d'oxygène.
Le premier appareil de surveillance des nouveaux -nés ainsi transportés a été la surveillance de la pression d’oxygène au niveau de la conjonctive de l’œil grâce à une électrodes de Clark. La mise en place était sportive. La tolérance de l’électrode dans l’œil du nouveau-né limitée. Cette électrode était reliée à un appareil qui donnait la saturation du sang en oxygène de la conjonctive.
Le Musée possède un appareil de ce type avec son électrode. C’est un objet assez rare. On a rapidement trouvé un système plus pratique, donc assez peu de ces appareils ont été mis en circulation, dans les années 1970-1990.
Il est extrêmement important de ne pas apporter trop d’oxygène aux nouveau-nés. Un excès d’oxygène peut avoir des conséquences neurologiques dramatiques entrainant une altération fonctionnelle des cellules nerveuses. On parle d'accident neurotoxique, caractérisé par une confusion, des troubles de la vision pouvant conduire à la cécité, des crises convulsives et une éventuelle perte de connaissance.
Si l'exposition est très longue, elle peut aussi entraîner un œdème pulmonaire ou une altération morphologique au niveau des alvéoles pulmonaires.
Donc oxygéner correctement les nouveau-nés, oui, mais pas trop.
Peu après les électrodes de Clark, posées sur la conjonctive de l’œil, sont heureusement apparues des électrodes que l’on fixait sur la peau : on obtenait ainsi la mesure de la pression en oxygène transcutanée.
Le Musée possède un appareillage complet de ce type. Le maniement était complexe : il fallait soigneusement nettoyer la peau du nouveau-né, puis fixer l’électrode au travers d’une collerette. Cette collerette évitait que l’électrode, qui était à une température assez élevée pendant son fonctionnement ne brûle la peau très fragile du bébé.
Les nouveau-nés transportés ainsi pouvait naitre à terme et peser un poids normal (3,3kg). Ce n’était pas la majorité des cas. La naissance était souvent prématurée, le nouveau-né pouvait présenter des anomalies. D’où beaucoup de bébés de petit poids. Le plus petit des nouveau-nés que nous avons transportés pesait 600g avec une grande prématurité.
Ces transports étaient techniquement difficiles, souvent longs et éprouvants tant pour le transporté que pour les transporteurs.
Au fil du temps, les conditions de transport se sont beaucoup améliorées : surveillance de l’électrocardiogramme pendant tout le trajet, respirateurs permettent de ventiler l’enfant et de libérer ainsi les mains du médecin accompagnateurs, appareil permettant de surveiller la saturation en oxygène par simple mise en place d’une pince au bout du doigt. (SaO2).
Mais comme nous le disions plus haut, la surveillance de la grossesse et l’accouchement dans des maternités équipées pour les naissances à risque sont la véritable solution.
En France, pays privilégié si on se compare au reste du monde, c’est cette politique que l’on vise.
Malheureusement, des études récentes montrent que la mortalité infantile est en hausse dans notre pays. Les causes en sont multiples .

Le vendredi 24 Avril 2026, en collaboration avec Société d'Émulation du Doubs SEDet Besançon J’aime ma Ville, l’Associat...
24/04/2026

Le vendredi 24 Avril 2026, en collaboration avec Société d'Émulation du Doubs SEDet Besançon J’aime ma Ville, l’Association du Musée a invité Mme Marie Gaimard pour une conférence intitulée : « Faire la lumière sur la chirurgie : les recherches architecturales et techniques de Jean WALTER pour les salles d’opérations au milieu du XXe siècle » avec visite des coupoles l’après-midi.
Mme Gaimard a soutenu en 2013 une thèse à l’Université Paris I-PANTHEON-SORBONNE (Histoire de l’art et de l’archéologie) intitulée Hygiène, morale, rentabilité. Jean Walter Architecte (1883-1957).
Elle nous a fait l’honneur d’accepter notre invitation.
Malheureusement, une circonstance imprévue a conduit à l’annulation de cette conférence.
Sans nous substituer à Mme Gaimard, nous allons essayer de vous apporter quelques éléments d’information sur les « Coupoles Walter ».
Jean et André Walter étaient 2 frères, l’un architecte, l’autre ingénieur, originaires de Montbéliard, nés à la fin du XIXe siècle. Ils appartenaient à une fratrie de 4 garçons. Les 4 frères ont participé, comme tant d’autres, à la « Grande Guerre ». Seuls Jean et André en sont revenus.
Les frères Walter étaient très instruits et actifs, ayant de multiples centres d’intérêt ; ils se sont notamment intéressés à la construction des hémi-coupoles dites de Walter, dont le but était d’éclairer les champs opératoires.

L’éclairage des champs opératoires a longtemps été un problème.
Les salles d’opération sont d’abord construites dans des sortes de « verrières », comme les ateliers d’artistes. Pour ne plus dépendre de la lumière du jour, on utilise ensuite l’éclairage au gaz, avec les dangers d’explosion que celui-ci représentait en présence de l’utilisation d’oxygène.
L’arrivée de l’électricité permet un essor dans l’éclairage
D’autres systèmes sont développés, comme la voûte de Blin et les coupoles des Frères Walter (années 1930- 1960).
Les Frères Walter imaginent une hémicoupole, dont la concavité est recouverte de matériel réfléchissant. Cette hémicoupole se trouve au-dessus du champ opératoire. Elle fait face à une cloison transparente derrière laquelle un projecteur de large diamètre peut se mouvoir aussi bien en translation horizontale qu'en orientation verticale. Les rayons incidents sont ainsi réfléchis et convergent vers la zone utile où le praticien attend le meilleur éclairage. Un système de timonerie permet de l'intérieur du bloc d'imposer à la source lumineuse les variations d'orientation jugées utiles.

Dans l'hémicoupole, des hublots sont ménagés pour permettre aux observateurs de suivre les phases de l'opération, sans pénétrer dans le bloc opératoire, préservant ainsi l’asepsie.
Les Frères Walter ont également inclus dans la salle d’opération l’arrivée d’air stérile en légère suppression, ce qui empêche l’air non stérile qui se trouve à l’extérieur de rentrer dans le bloc à l’ouverture des portes, préfigurant l’usage actuel des flux laminaires en chirurgie orthopédique et cardiaque.
Ces différents systèmes éclairent le champ opératoire « sans ombre portée » pour permettre la meilleure visualisation possible dudit champ opératoire.
Il est curieux de constater que le système actuellement universellement utilisé pour éclairer les champs opératoires est le premier à avoir été mis au point : le scialytique.
Ce système plus simple et très ingénieux est proposé dès 1919 par le professeur Louis Vérain de la faculté de Médecine d’Alger. Le nom de Scialytique, composé par l'inventeur, est explicite. Il vient du grec : scia (ombre) et lyticos (qui délie, qui dissout).
L'appareil permet d'éclairer la zone de travail sans être incommodé par une ombre projetée. Il suffisait de disposer d'une source lumineuse puissante entourée d'une couronne de miroirs réfléchissant de façon concentrique les rayons vers le lieu à éclairer, le faisceau direct étant neutralisé par un obturateur central.
On se demande pourquoi le scialytique ,plus simple d'installation ,plus adaptable ,beaucoup moins onéreux a mis autant de temps à s'imposer pour éclairer les champs opératoires.
L’évolution et l’utilisation des avancées techniques est quelquefois impénétrable.

Pour en revenir aux coupoles de Walter, il est difficile de connaitre le nombre exact de coupoles construites. On parle de plusieurs dizaines, en France, mais également à l’étranger (Amérique du Sud, Égypte, Australie…)
Besançon en comptait 3 : une à la Clinique de la Compassion, et les 2 nôtres du Bloc Saint-Joseph. Une hémicoupole se situait à l’Hôpital Necker-Enfants Malades à Paris.Elle était récemment utilisée comme entrepôt. (Détruite très récemment).
Les coupoles du Bloc Saint-Joseph ont servi à éclairer les champs opératoires jusque dans les années 1980. L’évidente supériorité des scialytiques, quant à leur maniabilité, leur efficacité leur simplicité d’utilisation ont fini par avoir raison de l’éclairage des champs opératoires par les hémicoupoles de Walter.

On peut regretter que la valeur patrimoniale de ces coupoles et des mécanismes permettant l’éclairage n’ait pas été prise en compte par le CHU de Besançon, alors propriétaire des lieux. Les systèmes ont été démontés, et pour partie sauvés de la benne par les fondateurs du Musée, M et Mm Neidhardt. Un grand merci à eux .Sans leur intervention ,les éléments constitutifs des dernières coupoles de Walter auraient finies aux oubliettes .

Un système complet, probablement le dernier au monde, en parfait état de marche , et de conservation a ainsi été en partie détruit, par disons méconnaissance de sa valeur patrimoniale.

Les Frères Walter avaient créé un Bloc opératoire avec un éclairage adapté, la possibilité d’observer le champ opératoire à travers des hublots inclus dans les coupoles, l’arrivée d’air en surpression, ceci en 1958. Un remarquable travail cohérent . Un micro est ensuite rajouté, pour permettre au chirurgien de commenter et expliquer son intervention.
Le Bloc opératoire Saint-Joseph, ainsi que son mobilier, est inscrit à l’inventaire des Monuments Historique depuis Avril 2012.
Ce Bloc n’appartient pas à notre Association. Le proprietaire en est Territoire 25.
Mais nous aimerions que notre collection puisse le rejoindre au terme des travaux engagés sur le site Saint-Jacques -Arsenal.
La décision est entre les mains de la Municipalité de Besançon.

Bibliographie : Biographie brève de André Walter (1887 – 1963) Par Alain Neidhardt et Françoise Duhayon-Lainet

Adresse

2 Place Saint Jacques
Besançon
25000

Téléphone

+33381809255

Site Web

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