26/06/2024
mcatuognophoto
Pure artiste formée aux Beaux-Arts, de plasticienne sculptrice, Maria est progressivement passée à la photographie. Ses photographes de référence sont Josek Koudelka, célèbre notamment pour ses reportages sur les gitans et le japonais Daidō Moriyama dont une photo expressive de chien l’a bouleversée. Maria Catuogno s’intéresse prioritairement aux révoltes, aux traditions et à la préservation de la nature, en Amérique Latine (Argentine), en Afrique (Sénégal) et en France. Pour cette exposition, Maria s’est passionnée pour le peuple indigène Qoya d’Argentine grâce à sa belle-mère, elle-même Qoya. Cette tribu a choisi de lutter pacifiquement pour ses droits autochtones bafoués..
Au delà des nombreux et touchants portraits, Cette image dégage une impression multiple. Les lignes horizontales et verticales se croisent élégamment et paisiblement mais leur symbolique est forte. Deux croix latines témoignent sans
doute d’un terrible accident si l’on considère les deux pneus cachés par les hautes herbes monochromes. Ils rappellent que la roue tourne, que la mort est la finalité de la vie. Seules
touches colorées, les deux couronnes, deux autres cercles, sont probablement faites de fleurs en papier. Dans quelques mois, elles auront pâli. Les inscriptions sur la croix de droite deviendront moins lisibles comme celles de l’autre croix. Le temps passe. Cette image dégage au final une
impression d’éternité. Sa beauté réside dans ses lignes simples et équilibrées, par la présence duale de droites et de cercles, par une chromatique diaphane et par une profondeur de champ
exceptionnellement longue. Le hors champ est aussi prégnant. Ces deux croix sont-elles vraiment isolées au bout du monde ou bien à la sortie d’un hameau ? La photo est-elle prise depuis une grande route ou bien sur une piste délabrée ? Chaque cliché réserve sa part de mystère, celui-ci en est empreint. Serge Trinquetaille.