23/08/2026
22 août 1914
Bataille de Rossignol, la 3e Division d’Infanterie Coloniale ⚓ est décimée : elle a perdu 7.000 hommes. Son chef, le général Léon Raffenel, 58 ans, est tué.
Le 22 août 1914, pas moins de 27 000 soldats français sont tués, soit deux fois plus que du côté allemand. Il s'agit des pertes les plus importantes en un jour de l'histoire de l'armée française, toutes guerres confondues.
La bataille de Rossignol, fait partie d'un ensemble beaucoup plus important connu sous le nom de « surprise de Neufchâteau », une des composantes de la bataille des Frontières. Elle a lieu le 22 août 1914 autour du village de Rossignol, en Gaume (l'extrémité sud-est de la Belgique).
Il s'agit d'une bataille de rencontre entre des unités françaises et allemandes, se concluant par une victoire allemande et par la quasi destruction d'une des divisions du corps colonial français.
Le combat résulte de la rencontre presque à l'aveugle (brouillard matinal) entre les forces allemandes et les forces françaises.
La IVe armée française a reçu pour ordre de se rendre en une étape sur une ligne Gedinne-Paliseul-Offagne-Bertrix et Florenville. Elle s'avance donc sur plusieurs axes, dont deux confiés au corps colonial, avec en tête :
-la 3e division d'infanterie coloniale sur l'axe Gérouville-Neufchâteau ;
-et la 5e brigade d'infanterie coloniale (réserve du corps colonial) sur l'axe Suxy-Neufchâteau
Ordre de bataille
Côté allemand, il s'agit des 11e (commandée par le général von Weber) et 12e divisions d'infanterie (général Chales de Beaulieu) appartenant au 6e corps d'armée (de) (général von Pritzelwitz) de la Ve armée du Kronprinz.
Côté français, c'est essentiellement la 3e division d'infanterie coloniale (général Raffenel), avec la participation tardive et marginale de la 2e division d'infanterie coloniale (général Leblois), deux divisions appartenant au corps colonial (général Lefèvre) et à la IVe armée française (général Langle de Cary).
Déroulement tactique
Au matin du 22 août 1914, les avant-gardes françaises, après avoir franchi la Semois, remontent en colonne la route au nord de Rossignol et s'engagent dans la forêt de Chiny. Vers 8 h du matin, elles tombent sur des éléments allemands (du 157e régiment d'infanterie) disposés en embuscade de part et d'autre de la route. Les fantassins de la 1re brigade de la 3e division d'infanterie coloniale française et les unités de la 12e division d'infanterie allemande se déploient et s'affrontent alors dans la forêt. Mais côté français, seule cette brigade formant la tête de colonne peut être pleinement engagée, car la troisième brigade coloniale est bloquée plus au sud au pont de Breuvanne par l'artillerie de la 11e division d'infanterie allemande (qui a passé la rivière à Tintigny, plus à l'est).
Une partie de la division française se retrouve donc bloquée autour de Rossignol ; la 1re brigade est rejetée de la forêt vers 15 h et se replie autour et dans le village. Le général de division, Raffenel, meurt pendant l'après-midi, remplacé par le général de brigade Charles Rondony. Une tentative de retraite des restes de la 1re brigade est dispersée par une grêle d'obus et de balles. Après un long pilonnage, l'infanterie allemande donne l'assaut au village de Rossignol en début de soirée : les soldats français survivants sont faits prisonniers, dont les deux généraux de brigade Charles Félix Eugène Montignault et Charles Rondony (tous deux blessés, le second meurt dans la nuit), tandis que les 36 canons de 75 mm du régiment d'artillerie divisionnaire sont pris par les troupes allemandes.
Les éléments de la 3e division d'infanterie coloniale qui réussirent à s'échapper furent eux bloqués à Breuvanne, ainsi que quelques groupes dispersés qui traversèrent les lignes allemandes à la faveur de la nuit. Le drapeau du 1er régiment d'infanterie coloniale est démonté, la soie cachée sous la capote d'un sergent ; celui du 2e régiment a été enterré à la lisière sud d'Orsinfaing (hameau à l'est de Rossignol).
Lire «La bataille et le massacre de Rossignol »
https://www.1914-1918.be/rossignol.php