04/05/2026
Dès 1557, Théodore de Bèze entreprend une œuvre importante, les « Icones ». Un recueil qui regroupe 90 portraits des acteurs, qui selon lui, ont fait rayonner la Réforme. Ces portraits sont accompagnés de notices biographiques et 38 d’entre eux sont illustrés. Parmi les 90 figures, une seule femme apparaît : Marguerite de Valois d’Angoulême (1492-1549), reine de Navarre, sœur de François Ier et mère de Jeanne d’Albret.
Mais pourquoi elle et aucune autre ?
Marguerite, surnommée « la perle des Valois », incarne une figure de pont entre les deux camps. Bien qu’elle soit restée fidèle à l’Église romaine, elle fait de sa cour de un refuge pour les penseurs Reformés, protégeant les persécutés et prônant la tolérance. Elle a également été une femme de lettre reconnue, auteure de l’«Heptaméron », œuvre profondément marquée par les idées Réformées.
Le fait que Théodore de Bèze la mentionne dans son ouvrage n’est pas anodin. Elle symbolise le rôle crucial de sa protection et de sa tolérance envers la Réforme. En effet, l’inclure au côté de son frère François Ier, de Bèze légitime le mouvement reformé naissant en démontrant son soutien par la plus haute sphère de la société.
🖼Théodore de Bèze, « Icones », 1580, musée international de la Réforme, Genève.
🖼Jean Clouet, « Marguerite de Navarre », v.1530, Liverpool museums, Liverpool.
🖼Théodore de Bèze, « Marguerite de Valois dans les Icones », p.134, 1580, musée international de la Réforme, Genève.
📍À découvrir dans l'exposition permanente « Une histoire de la Réforme »