05/27/2026
Renati Waaka
Māori, Te Arawa, Tainui et Te Aupōuri
L’œuvre de Renati Waaka explore l’utopie en tant que concept construit et instable, plutôt que comme un retour à un passé précolonial. Alors que l’utopie est souvent présentée comme une restauration, ce projet s’oppose à cette vision. Il aborde le whakapapa comme un champ vivant et contesté, reconnaissant que le genre et la sexualité au sein du te ao Māori n’ont jamais été univoques ni universellement définis.
L’œuvre aborde la construction d’un monde à la fois comme méthode et comme pratique incarnée. À travers la mise en scène de corps, d’environnements et de relations, les images construisent des réalités spéculatives ancrées dans l’expérience vécue. L’utopie n’est pas traitée comme un idéal abstrait, mais comme quelque chose produit par le corps – ressenti, négocié et mis en œuvre dans des conditions sociales et culturelles spécifiques. De cette manière, la série examine comment les takatāpui (personnes 2SLGBTQIA+) sont imaginés et matériellement façonnés par la présence et la pratique. L’œuvre reconnaît que les stratégies esthétiques de la beauté et du soin peuvent être dissociées des conditions matérielles qui façonnent la vie des takatāpui. Plutôt que de résoudre cette tension, les images la maintiennent.
La mise en scène du corps occupe une place centrale. Les personnages sont dirigés et composés, ce qui rend explicite le caractère construit des images. Cela rejette l’idée d’un retour à l’authenticité et positionne au contraire les avenirs takatāpui comme étant activement construits. Les photographies fonctionnent comme des fragments, présentant l’utopie comme une négociation incarnée et en cours, façonnée par le désir, la contradiction et le whakapapa.
Le travail s’inspire de la position de Waaka en tant que photographe takatāpui. Étant un homme maori q***r photographiant un corps transféminin, Waaka est attentif·ve à l’histoire du regard masculin dans les contextes tant coloniaux que photographiques. Cette dynamique est abordée à travers un processus collaboratif fondé sur la mise en scène, le dialogue et le consentement. Le modèle interagit directement avec l’appareil photo, gardant conscience et contrôle sur sa représentation.
Renati Waaka est un·e photographe maori d’origine Te Arawa, Tainui et Te Aupōuri, élevé·e à Whakatāne, Whanganui et Rotorua, et basé·e à Te Whanganui-a-Tara, en Aotearoa. Iel travaille à la fois dans la photographie d’art et la photographie documentaire. La pratique de Waaka examine le rôle de la photographie dans la construction coloniale de l’identité autochtone en Aotearoa. Historiquement utilisé pour classer et objectiver, ce médium continue de façonner la manière dont les corps et les histoires autochtones sont représentés. Iel utilise la photographie pour intervenir dans cet héritage en produisant des images ancrées dans les perspectives maories, affirmant ainsi la paternité de l’œuvre et l’autodétermination.