06/11/2026
Semaine internationale des archives : les archives se dévoilent sous toutes leurs formes
Partie 3/5 : les archives audiovisuelles et sonores
Les archives audiovisuelles et sonores, qu’il s’agisse de documentaires, d’émissions de télévision, de publicités, d’entr***es ou encore de scènes du quotidien captées sur le vif, reposent souvent, dans leur format original, sur des supports analogiques fragiles et des technologies obsolètes.
Contrairement au numérique, qui traduit l’information en une suite de 0 et de 1, le support analogique enregistre celle-ci de manière continue, comme si elle était directement « copiée » du réel. Pour se le représenter, il suffit d’évoquer quelques souvenirs (du moins pour certains d’entre nous) : la grosse cassette VHS ou Bétacam 📼 que l’on glissait dans le magnétoscope pour lancer un film, le cliquetis régulier d’un projecteur faisant défiler une bobine de 16 mm 🎞️, le léger grésillement d’un disque vinyle ou encore une cassette audio dont la bande se déroule… et s’emmêle.
La conservation de ces supports physiques exige par ailleurs des conditions très précises. Les supports magnétiques, comme les cassettes, sont sensibles aux champs magnétiques et à la chaleur, tandis que les pellicules peuvent se dégrader sous l’effet de l’humidité ou de réactions chimiques internes. Certains sont conservés dans une réserve réfrigérée. Même dans des conditions optimales, ces supports demeurent vulnérables et leur durée de vie reste limitée. 🪦
Or, les appareils permettant de lire ces formats anciens deviennent de plus en plus rares, voire inexistants. Écouter une bande Hi8 ou visionner une bande Betacam exige aujourd’hui des équipements spécialisés qui ne sont plus fabriqués. L’archiviste ne doit donc pas seulement préserver les supports eux-mêmes, mais aussi maintenir les conditions nécessaires à leur lecture. Cela implique souvent de conserver des appareils anciens ou de faire appel à des spécialistes capables de les remettre en état et de les faire fonctionner.
C’est pourquoi le centre de conservation du Mouvement Desjardins est doté de toute une panoplie d’appareils permettant de lire, puis de transférer sous un format numérique toute une multitude de supports. La numérisation apparaît comme une solution incontournable, mais ce processus doit être réalisé avec rigueur pour éviter toute perte de qualité. Régulièrement, de nouveaux documents sont découverts ici et là au sein du Mouvement Desjardins, souvent sans indications. Il faut alors les lire pour en découvrir le contenu. Quelques milliers de documents dorment encore sur les tablettes, attendant de révéler leurs secrets…
Tout n’est pas conservé, mais les sons et images les plus représentatifs de l’histoire du Mouvement Desjardins et des communautés qui l’ont bâti sont sauvegardés. Au fil du temps, des scènes ont été filmées, témoignant de quotidiens aujourd’hui révolus autant que de moments marquants ; des documentaires ont été produits, des jingles enregistrés. On tente de localiser les lieux, de reconnaître des personnes, d’établir des liens. Une fois numérisés, les documents sont décrits avec soin afin d’en assurer le repérage.
Les questions juridiques et éthiques ajoutent une couche de complexité. Les droits d’auteur et les droits à l’image, en particulier, peuvent limiter la diffusion de certains contenus. Bien souvent, les informations manquantes concernant ces droits demandent des recherches, souvent vaines. L’archiviste doit naviguer dans ce cadre réglementaire tout en cherchant à valoriser les archives et à en faciliter l’accès.
Nous vous présentons pour terminer des extraits d’un film de 1960 originalement conservé sur une bobine 16 mm, numérisé puis restauré : Le cerveau électronique. En 1960, l’Assurance-Vie Desjardins (ancêtre de Desjardins Sécurité financière), se dote du tout premier ordinateur du Mouvement Desjardins, le RAMAC 305 d’IBM, « pour résoudre ses problèmes de statistiques, d’actuariat, de comptabilité et d’administration ». Il s’agit vraisemblablement de la première entreprise d’assurance au Canada à se doter d’un tel appareil. Lors de sa livraison, ce « cerveau électronique » est même promené dans les rues afin d’en faire la promotion, suscitant curiosité et émerveillement. En plus de cet évènement historique, les images nous font également voyager dans les rues de la ville de Québec et de Lévis, plus de 65 ans plus t**d.
Derrière chaque image et chaque son patiemment préservés, des fragments de l’histoire du Mouvement Desjardins, et de notre histoire collective, continuent de se dévoiler et de prendre vie.