Maison Alphonse-Desjardins

Maison Alphonse-Desjardins Venez nous visiter à la Maison Alphonse-Desjardins et à l’édifice Desjardins. L’entrée et les activités y sont offertes gratuitement.

Depuis plus de 40 ans, la Société historique Alphonse-Desjardins transmet au grand public l’histoire de la coopérative à travers des ouvrages, des conférences, des entrevues, des expositions et des activités éducatives et thématiques. Elle gère deux lieux de diffusion culturelle dans le Vieux-Lévis : la Maison Alphonse-Desjardins et les expositions de l’édifice Desjardins. Elle est également respo

nsable de préserver le patrimoine historique du Mouvement Desjardins dans son centre de conservation au bénéfice des générations futures.

✨ Grande nouveauté à la Maison Alphonse-Desjardins !Hier soir, nous avons inauguré « D’eux à nous : Alphonse et Dorimène...
05/29/2026

✨ Grande nouveauté à la Maison Alphonse-Desjardins !

Hier soir, nous avons inauguré « D’eux à nous : Alphonse et Dorimène, une aventure collective », notre toute nouvelle exposition. À travers des artefacts inédits, des témoignages touchants et une expérience interactive, plongez au cœur de l’histoire du couple fondateur et du mouvement qu’ils ont bâti ensemble.

Une visite renouvelée, vivante et inspirante vous attend !
https://www.desjardins.com/qc/fr/nouvelles/nouvelle-exposition-maison-alphonse-desjardins.html

05/27/2026
Chaque mois, découvrez des archives et objets importants de l'histoire de Desjardins.𝐃é𝐜𝐞𝐧𝐧𝐢𝐞 𝟏𝟗𝟒𝟎 : 𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐮𝐞𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐚𝐮𝐱…...
05/20/2026

Chaque mois, découvrez des archives et objets importants de l'histoire de Desjardins.
𝐃é𝐜𝐞𝐧𝐧𝐢𝐞 𝟏𝟗𝟒𝟎 : 𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐮𝐞𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐚𝐮𝐱…𝐨𝐮 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐚𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫!

Nous vous présentons aujourd’hui un petit manuel, témoin des débuts de l’assurance de dommages chez Desjardins. Publié en 1949, il porte un titre évocateur : Manuel des taux – Ce que tout agent devrait savoir. Bien plus qu’un recueil de chiffres et de règles, il incarne une philosophie : celle d’un agent d’assurance engagé, proche des gens.

À cette époque, le paysage de l’assurance au Québec est dominé par des compagnies britanniques, américaines ou canadiennes anglaises. Les primes versées à ces entreprises servent peu le Canada français. Cette situation crée un sentiment d’injustice : l’argent des communautés locales nourrit les grands centres, tandis que les besoins essentiels demeurent insatisfaits.

Les caisses populaires, quant à elles, peinent à obtenir des protections à des tarifs raisonnables. Les gérants observent avec inquiétude que leurs sociétaires sont souvent mal assurés et que les biens hypothéqués, offerts en garantie des emprunts, ne bénéficient pas d’une couverture adéquate. Dans les paroisses rurales, où les services de lutte contre les incendies sont quasi inexistants, assurer la valeur totale d’une propriété relève de l’impossible, à moins de consentir à des primes exorbitantes.

Face à ces obstacles, des gérants de caisses de la région de Québec décident d’agir. Ils imaginent une société d’assurances qui appartiendrait à ceux qu’elle protège et cherchent à convaincre la Fédération provinciale de la réaliser.

Cette idée s’inscrit dans la droite ligne de la vision d’Alphonse Desjardins, formulée au début du siècle. Pour lui, la sécurité financière des classes populaires ne saurait reposer uniquement sur les coopératives d’épargne et de crédit : il faut aussi des sociétés d’assurances mutuelles, bâties sur la solidarité et la responsabilité partagée. Une assurance qui ne soit pas un privilège, mais un droit accessible à tous.

En 1943, deux hommes prennent la mesure de l’enjeu et décident d’agir : Cyrille Vaillancourt et Valmore De Billy. Avec détermination, ils explorent les différents modes d’organisation possibles, tracent les contours d’un projet ambitieux et rédigent les règlements qui en seront la charpente.

Un an plus t**d, en mai 1945, la Société d’assurance des caisses populaires (aujourd'hui DGAG) ouvre ses portes. Cette naissance marque un jalon historique : la première filiale du Mouvement Desjardins voit le jour.

À ses débuts, la société se consacre à une mission essentielle : offrir une assurance incendie aux sociétaires des caisses populaires, leur garantissant enfin une protection contre l’un des risques les plus redoutés. Peu à peu, son horizon s’élargit.

Le premier directeur général de la SACP est Joseph-Ovila Roby. En 1949, il publie le fameux Manuel des taux. Ce petit livre, initialement imprimé en 50 exemplaires « sur papier de luxe », comme Roby l’inscrit lui-même dans la page de garde, a pour but de mettre à la disposition des agents toutes les informations nécessaires à leur travail : descriptions des différentes polices, conditions d’admissibilité, informations légales, tables de taux, comment réagir et quoi faire selon les situations et, bien sûr, les rôles et responsabilités de l’agent et les qualités que l’on attend de lui.

Ainsi, on y apprend que l’agent d’assurance de la SACP est un « citoyen sérieux et actif, fier de sa ville ou de son village, au bien-être duquel il contribue au même degré que le professionnel, l’industriel ou l’ouvrier. […] Si par malheur un sinistre frappe son client, l’agent d’assurance sera à ses côtés […] L’agent joue auprès de l’assuré le rôle du meilleur ami aux pires moments. Il est donc l’une des personnes précieuses que le public peut avoir à sa disposition. »

On exige également de l'agent qu'il soit honnête, car il doit enquêter sur les risques moraux du potentiel assuré (négligence, malpropreté, habitudes d'extravagance, mauvaises relations avec les voisins et turpitude morale, entre autres). De plus, il convient pour l'agent de ne pas assurer les industries qui sont une nuisance publique, tel qu'un abattoir dans un quartier résidentiel ou un commerce de petites vertues.

Aujourd’hui, le service à la clientèle repose sur des technologies avancées, des plateformes numériques et des processus automatisés. Pourtant, l’essence demeure la même: être présent, écouter, accompagner. Quatre-vingts ans plus t**d, la mission se poursuit.

Le Luminoscope remporte un prix! Le 7 mai dernier, le Luminoscope, notre projection architecturale qui illumine la Maiso...
05/08/2026

Le Luminoscope remporte un prix!

Le 7 mai dernier, le Luminoscope, notre projection architecturale qui illumine la Maison Alphonse-Desjardins et les soirées d’été, a reçu la mention « Coup de cœur » dans le cadre du Prix du patrimoine de la Ville de Lévis. https://www.ville.levis.qc.ca/accueil/salle-presse/actualite/article/prix-du-patrimoine-2026/

Une magnifique reconnaissance pour ce spectacle immersif de son et de lumière qui rassemble petits et grands et qui réussit à rendre notre histoire vivante et accessible.

Vous ne l’avez pas encore vu? Bonne nouvelle!

Le Luminoscope sera de retour dès le 25 juin, dans une édition entièrement renouvelée.

👉 🧪🤔 Jeu‑question scientifique! Ce joli plat de service cache quelque chose de très spécial… À votre avis, qu’est-ce qui...
04/30/2026

👉 🧪🤔 Jeu‑question scientifique!
Ce joli plat de service cache quelque chose de très spécial… À votre avis, qu’est-ce qui le rend si fascinant? 👇
a) Il change de couleur selon la température
b) Il contient une petite quantité d’uranium
c) Il était utilisé pour des expériences secrètes
💬 Écrivez A, B ou C en commentaire!
👉 Venez découvrir la bonne réponse lors de nos fins de semaine scientifiques : https://www.eventbrite.ca/e/billets-decouvrez-nos-fins-de-semaine-scientifiques-1299929547269?aff=oddtdtcreator

(Psst… il reste encore quelques places 👀)

𝗟𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘀𝗽𝗶𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗹𝗮𝗿𝗶é𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗻é𝗲𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟬 Sur une tablett...
04/15/2026

𝗟𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘀𝗽𝗶𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗹𝗮𝗿𝗶é𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗻é𝗲𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟬

Sur une tablette de la réserve muséale du 59 avenue Bégin, à Lévis, un rapport à l'apparence austère. Dans une vitrine de l'exposition permanente Pop-sa-à-vie... sur les traces d'un Mouvement, un étage plus haut, une petite brochure dans une vitrine. Deux documents d'archives qui sont les témoins directs d'une époque charnière pour le Mouvement Desjardins.

À la fin des années 1950, la société est en pleine mutation sociale. L’élévation du niveau de vie, conjuguée à l’influence grandissante de la publicité, transforme les habitudes de consommation et les comportements économiques des familles. Ce changement crée un décalage de plus en plus marqué entre les aspirations modernes de la population et les valeurs traditionnelles d’épargne et de crédit – basées sur la prudence et la prévoyance - portées par les caisses populaires.

Face à cette réalité, les dirigeants du Mouvement Desjardins, toujours préoccupés par les risques liés à l’endettement, maintiennent leurs réticences face à la libéralisation du crédit. Toutefois, la nécessité de mieux répondre aux besoins évolutifs des membres force la réflexion: comment adapter les services des caisses tout en restant fidèles à leur mission éducative et coopérative?

En 1959, pour mieux comprendre cette transformation sociale, la Fédération et l’Assurance-Vie Desjardins (aujourd’hui Desjardins Sécurité Financière) confient à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval le mandat de réaliser une vaste enquête sur les conditions de vie, les besoins et les aspirations des familles canadiennes-françaises. Menée sur plusieurs années auprès de 1460 familles, cette étude est dirigée par un groupe de sociologues et donne naissance au rapport Les comportements économiques de la famille salariée du Québec, également connu sous le nom de rapport Tremblay-Fortin. Pour plusieurs spécialistes, la publication de ce document marque un tournant majeur dans l’évolution des sciences sociales au Québec.

Le rapport présente plusieurs données révélatrices, dont celles-ci: 69 % des familles doivent faire des sacrifices pour équilibrer leur budget, principalement en réduisant les dépenses liées à l’éducation (à 89 %). Près de la moitié (47 %) n’arrivent pas à épargner, et 62 % estiment qu’un salarié doit cumuler un emploi secondaire pour joindre les deux bouts. Par ailleurs, 73 % des familles ont déjà eu recours au crédit, l’achat de mobilier étant le principal motif d’endettement. Enfin, c’est l’achat de nourriture qui gagne généralement la première position des dépenses.

Face à ce constat, le rapport Tremblay-Fortin ouvre de nouvelles perspectives et incite le Mouvement Desjardins à revoir son approche. En parallèle à une libéralisation de la politique de crédit des caisses populaires, une vaste campagne d’éducation financière est lancée, soutenue par des ressources importantes.

Le Mouvement Desjardins n’en est pas à ses débuts en matière d’éducation financière de masse — une mission amorcée par Alphonse Desjardins lui-même. Dès les premières décennies d’existence des caisses populaires, les propagandistes reprennent ses idées, insistant sur l’importance de l’éducation économique et sociale. À la création de la Fédération, en 1932, un Service de la propagande — terme désignant alors les activités de communication — est mis sur pied. Des brochures budgétaires, des affiches et des publications diverses voient le jour. Les archives historiques gardent aujourd’hui de nombreux témoignages de cette époque.

Mais le début des années 1960 marque un tournant : tel que le souligne l’historien Pierre Poulin, « l’ère de la propagande et des discours moralisateurs sur l’épargne est maintenant révolue ».

En 1962, le Service de la propagande cède sa place à un Service d’éducation. L’éducation économique est désormais confiée à des spécialistes en économie familiale et en consommation. Des méthodes d’intervention fondées sur des données scientifiques commencent alors à être expérimentées. En 1965, un Bureau de l’économie familiale relevant de ce même service est fondé

De nombreuses initiatives verront le jour dans le courant de la décennie. En 1963, le rapport Tremblay-Fortin est résumé sous forme de brochure et diffusé auprès des dirigeants de caisses, afin de les outiller dans la poursuite de leur mission d’accompagnement des membres. On publie à 100 000 exemplaires des brochures traitant de loisirs et de consommation. Des guides et des outils d’aide au budget sont offerts. La r***e Ma Caisse, existante depuis 1952, met l’accent sur l’éducation à la consommation. Distribuée dans les boîtes aux lettres de nombreux foyers, son tirage atteint jusqu’à 420 000 exemplaires à la fin de la décennie. Desjardins investit également dans la production d’émissions télévisées telles que Joindre les deux bouts (1958), Droit de cité (1961), Familles d’aujourd’hui (1963) et Boni-populaire Desjardins (1968), qui diffusent les principes de l’éducation financière à grande échelle. Les cotes d’écoute rejoindront souvent plus d’un million de téléspectateurs.

Au début des années 1960, en commandant une étude qui allait devenir le rapport Tremblay-Fortin, le Mouvement Desjardins s’efforçait d’être à l’écoute des réels besoins et aspirations de ses membres. Les employés d’aujourd’hui qui consacrent leur carrière à l’éducation financière sont les héritiers d’une longue tradition. Comme leurs prédécesseurs, ils accompagnent les membres dans une société en constante évolution, avec des outils modernes mais une mission inchangée : favoriser l’autonomie financière par le savoir.

Quels parallèles pouvons nous dresser entre cette époque et celle d'aujourd'hui?

L’automne dernier, le tome 4 de l’Histoire du Mouvement Desjardins : l’ère des réseaux, 1972-1991 a été publié par la ma...
04/10/2026

L’automne dernier, le tome 4 de l’Histoire du Mouvement Desjardins : l’ère des réseaux, 1972-1991 a été publié par la maison d’édition Septentrion. Notre collègue Pierre-Olivier Maheux a été invité, à titre d’auteur, à faire une séance de dédicace au Salon international du livre de Québec. C’était l’occasion de discuter avec des lecteurs et de faire connaître le livre. Rappelons, que les trois premiers tomes ont été réimprimés avec une nouvelle page couverture.
👉 Pour vous les procurer, rendez‑vous ici : https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/histoire-du-mouvement-desjardins-tome-iv

Chaque mois, découvrez des archives et objets importants de l'histoire de Desjardins.𝐃é𝐜𝐞𝐧𝐧𝐢𝐞 𝟏𝟗𝟑𝟎 : 𝐋𝐚 𝐦𝐚𝐜𝐡𝐢𝐧𝐞 à é𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞...
04/09/2026

Chaque mois, découvrez des archives et objets importants de l'histoire de Desjardins.
𝐃é𝐜𝐞𝐧𝐧𝐢𝐞 𝟏𝟗𝟑𝟎 : 𝐋𝐚 𝐦𝐚𝐜𝐡𝐢𝐧𝐞 à é𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬

Parmi les objets conservés dans la réserve muséale du Centre de conservation à Lévis, cette machine à écrire portative se distingue par son histoire et sa symbolique. Utilisée par le service d’inspection de la Fédération dans les années 1930, elle témoigne d’une époque charnière pour les caisses populaires et pour le Mouvement Desjardins.

Transportée dans une mallette robuste, la « dactylotype » accompagnait les inspecteurs dans leurs déplacements à travers le Québec. Grâce à elle, ils rédigeaient sur le terrain ou à domicile leurs rapports d’inspection et leurs correspondances. Rosario Tremblay (1910-2015), premier chef des inspecteurs à temps plein, en a fait don en 2003, offrant ainsi un précieux témoignage de cette époque des pionniers de l’inspection.

La création du service d’inspection en 1932 (aujourd’hui Bureau de la surveillance) survient dans un contexte de crise sans précédent. Comme le souligne les historiens Claude Genest et Martine Côté, entre 1929 et 1932, les caisses populaires éprouvent de grandes difficultés. Dès le début de la décennie, le nombre annuel de fermetures atteint des sommets inégalés. En 1933, on estime que 40 % des caisses fondées au cours des décennies précédentes ont fermées leurs portes. Bien que la Grande dépression soit en grande partie responsable de cette situation, d’autres facteurs aggravants entrent en jeu, notamment une gestion déficiente dans certaines caisses et les difficultés rencontrées par les unions régionales pour faire appliquer leurs recommandations.

Des négociations ont lieu entre les dirigeants des unions régionales et le gouvernement provincial afin de solutionner le problème de la surveillance et de l’inspection dans les caisses. Les dirigeants font alors des compromis et acceptent certaines exigences du gouvernement. Ils consentent à se regrouper au sein d’une fédération provinciale qui, grâce à une subvention annuelle de 20 000$, sera en mesure de mettre en place un meilleur service de l’inspection.

La création du service d’inspection en 1932 marque un tournant important dans l’histoire du Mouvement Desjardins. Elle permet enfin d’assurer une surveillance rigoureuse des caisses populaires, confiée à des inspecteurs mieux rémunérés et dotés de compétences variées, notamment en coopération.

Grâce à cette nouvelle expertise, le service d’inspection peut amorcer une normalisation des méthodes de contrôle, jusque-là difficile à instaurer dans un contexte où les quatre unions régionales fonctionnaient de manière autonome. Ce renforcement du cadre permet également d’encadrer plus efficacement le travail bénévole des administrateurs des trois conseils, en particulier celui des conseils de surveillance.

Mais le travail s’avère difficile. Les inspecteurs de la Fédération constatent d’abord de sérieuses lacunes en matière de sécurité dans les caisses populaires. L’équipement est souvent rudimentaire : absence de coffre-fort, de protection contre le vol ou les incendies. Certaines caisses hésitent même à souscrire une assurance couvrant l’honnêteté du gérant ou à se prémunir contre les risques de feu et de vol.

Le travail de vérification est également ralenti par la diversité des systèmes comptables utilisés, la tenue inadéquate des livres, l’absence de rapports mensuels et de pièces justificatives. À cela s’ajoute l’inexpérience de nombreux gérants et administrateurs, tant dans la gestion d’une institution financière que dans la compréhension du fonctionnement coopératif.

Entre 1933 et 1942, une part importante du travail d’inspection prend la forme d’un véritable effort de formation et d’éducation. La r***e La Caisse populaire, fondée en 1935, devient un outil clé de cette mission, multipliant les articles pédagogiques à l’intention des administrateurs et des gérants.

Face aux nombreux besoins, la Fédération peut compter sur des inspecteurs chevronnés, malgré des conditions de travail particulièrement ardues. Leur rémunération est modeste, souvent insuffisante pour refléter l’ampleur et la complexité de leurs responsabilités. Une amélioration salariale ne devient envisageable qu’à partir de 1948, lorsque la Fédération commence enfin à disposer de ressources financières plus substantielles.

Leur quotidien est exigeant : déplacements fréquents, hébergement improvisé — parfois au presbytère, chez un administrateur ou même chez le gérant de la caisse — ce qui, comme le souligne Rosario Tremblay, soulève des enjeux d’indépendance et d’impartialité. Ce manque de neutralité potentielle pousse la Fédération à instaurer, dès 1942, des mesures concrètes pour encadrer les relations entre inspecteurs et dirigeants locaux, et éviter la formation de liens personnels susceptibles d’influencer les inspections. Souvent, les rapports d’inspection finaux sont rédigés à domicile.

Heureusement, une reprise économique commence à se faire sentir à partir du milieu des années 1930, insufflant un peu d’espoir après une période particulièrement éprouvante. Entre 1933 et 1948, pas moins de 906 caisses populaires sont fondées, accompagnées de la création de six unions régionales. Le travail des inspecteurs, essentiel à la sécurité des caisses populaires, se poursuit alors, machine à écrire portative sous le bras.

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