03/09/2026
Deux livres, écrits presqu’à un siècle d’écart (1937 et 2020), posent le même constat : aujourd’hui, c’est notre temps qu’on nous vole en premier, et le reprendre en main est une manière de résister.
En 1936, l’écrivain Jean Giono quitte Paris pour retrouver le rythme de la campagne, au fil du soleil et des saisons. Ce n’est pas juste l’envie de « retourner à la nature » : c’est une critique d’un monde qui engloutit toute notre vie. Pour lui, les « vraies richesses » – l’amitié, la beauté, les plaisirs simples – se cultivent plus qu’ils s’accumulent.
Quant à lui, le sociologue allemand Hartmut Rosa explique ce que Giono pressentait de façon poétique. Selon Rosa, le capitalisme n’accélère pas seulement les technologies : il accélère la société elle-même, si bien que vient l’impression de courir en permanence après un présent qui nous échappe. Il appelle ça la « détemporalisation ».
Pouvoir ralentir – l’été, mais aussi le reste de l’année – ne devrait pas être un privilège réservé à quelques-uns. C’est une question de justice sociale.
La Cité Miroir vous souhaite, cette année, du temps : pour lire, pour résister, pour les gens que vous aimez et pour vous-même. Rendez-vous l’été prochain pour la troisième saison de nos découvertes de librairie. Merci de nous avoir suivi·es !