25/05/2026
La nature n’est pas, pour moi, un décor ni un thème. Elle n’est pas un ailleurs. Elle est notre matrice, notre mémoire. Je ne me tiens pas devant elle comme face à un extérieur. J’y reconnais une origine, une parenté ancienne, quelque chose de plus vaste dont nous sommes issus.
Alors comment pouvons-nous encore nous percevoir comme séparés d’elle ? Comment avons-nous pu reléguer la nature dans des espaces protégés, comme si le vivant s’arrêtait aux frontières de l’humain ?
Quelle prétention.
Nous parlons d’intériorité humaine, parfois animale, mais pourquoi croire que l’expérience intérieure du vivant s’arrêterait à ce qui nous ressemble ?
Je pressens au contraire une dimension insondable dans le végétal comme dans tout le vivant : une intelligence silencieuse des rythmes, des replis, des adaptations, des élans vers la lumière.
La nature m’enseigne moins la beauté que la vérité : les cycles, l’altération, la vulnérabilité, la mue, la résistance, l’interdépendance. Rien n’existe seul.
Ce que nous ressentons comme un manque est peut-être le signe que nous manquons à nous-mêmes, trop loin de notre nature profonde.
Au contact de corps traversés par l’épreuve, dans la montagne, j’ai vu combien la reconnexion au vivant ouvre un espace d’écoute véritable. Une part de nos souffrances s’y dissout : la séparation, les masques, le non-respect de nos rythmes.
Comme tout vivant, nous développons des protections, nous nous rigidifions. Puis l’épreuve fissure ce qui s’est durci.
Je crois que nous ne guérissons pas contre la nature, ni en la maîtrisant, mais en retrouvant notre juste place en son sein.
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