10/08/2025
Journal Le Cosnois du samedi 2 septembre 1939...
La guerre est menaçante.
Cosne n’est pas dans une zone dangereuse, mais peut subir un passage d’avions ennemis vu sa proximité de centres industriels importants.
Inutile donc de s’alarmer, mais il est sage de prendre des précautions élémentaires. Toutes mesures sont prises par les autorités militaires pour prévenir d’un danger, et par M. le Maire pour mettre la ville dans les meilleures conditions de sécurité.
Restent les particuliers qui, eux aussi, ont des devoirs pour la sécurité de leur famille et de leurs concitoyens.
Alerte
Elle sera donnée par sirènes et signaux prévus par la municipalité.
Ne pas s’affoler. Quitter la rue aussitôt et rentrer chez soi.
Se mettre à l’abri dans les caves ou tranchées et abris qui pourront être établis en temps voulu.
Si l’alerte a lieu de nuit, fermer tous les volets et s’assurer qu’aucune lumière ne peut être vue du dehors.
Une seule lampe ou bougie derrière une vitre peut signaler une ville aux avions ennemis.
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Dangers à craindre
Bombes explosives
Peu probables. Si elles tombent juste sur vous, rien à faire.
Très dangereuses par leur souffle qui rase tout, murs et maisons.
On évitera à la cave ou dans la tranchée.
Bombes incendiaires
Les plus à craindre, vu leur poids léger (1 kg) et leur facilité de transport en grand nombre par avion.
Une couche de sable de 2 cm sur le plancher du grenier, débarrassé de tout objet inflammable, peut protéger votre maison des bombes “Electron” les plus usuelles.
Un ou deux seaux d’eau préparés à l’avance peuvent éteindre un commencement d’incendie.
Bombes toxiques
Dégagent des gaz plus ou moins différents.
Pour s’y soustraire : se réfugier dans les caves ou dans une pièce hermétiquement close.
Le bombardement terminé, en sortir avec précaution : le plus brave et le mieux protégé (par un masque, par exemple) sort et s’assure qu’aucun gaz ne flotte à proximité. Il fait alors sortir les autres.
Contre les gaz, le remède le plus sûr est le masque bien ajusté et bien utilisé.
Faute de masque : se boucher le nez et la bouche avec un linge mouillé d’eau ou mieux, contenant un tampon de ouate imbibé d’hyposulfite de soude à 10 %, ou de bicarbonate de soude à 10 %.
À défaut : l’imprégner de charbon de bois en poudre ou même d’urine.
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Gaz
Suffocants
Chlore : ne sent rien.
Phosgène : sent l’ail ou les amandes amères.
Respiration artificielle interdite.
Lacrymogènes
Bromure de benzyle : sans odeur.
Affectent les yeux. Les laver avec du bicarbonate de soude (22 g par litre d’eau) ou du sel de cuisine (14 g par litre).
Vésicants
Sentent la moutarde (Ypérite, Lewisite). Les plus terribles.
À soigner dans les 10 minutes :
Étancher les taches sans frotter avec du coton ou du buvard.
Frictionner doucement les parties souillées, bien séchées, avec du chlorure de chaux.
À défaut : laver abondamment avec pétrole, alcool, eau oxygénée ou essence.
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Vêtements et matériel
Chaussures et vêtements à nettoyer et noyer dans du chlorure de chaux ou de l’eau javellisée (100 g par litre).
Vêtements à laver en plein air à l’eau chaude (70°C) pendant 2 h ou à l’eau froide pendant 6 h, puis aérer 48 h.
Lessive au savon et chlorure de chaux à 10 % ou eau de javel à 10 %.
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Soins généraux à donner aux gazés
Les sortir du nuage toxique en marchant contre le vent.
Ne pas courir et éviter de porter la main aux yeux.
Les allonger.
Ne jamais donner un cordial (alcool ou vin).
Déshabiller le gazé, mettre les vêtements dehors.
Le faire gargariser.
Laver les yeux avec de l’eau de permanganate (0,50 g pour 1 litre).
Savonnage abondant sur tout le corps, si possible avec de l’eau de javel à 10 %.
Rinçage tiède.
Réchauffer et allonger dans des couvertures.
Ne pas toucher aux aliments qui pourraient avoir été atteints par les gaz.
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Brûlés
Eau blanche en lotion avec compresses.
À défaut : encre à écrire.
Percer la cloque avec une aiguille passée à la flamme, sans enlever la peau qui protège.
Pansement à l’huile goméolée ou avec un corps gras.
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Blessés
Sang noir : ligature au-dessous de la plaie.
Sang rouge : ligature au-dessus de la plaie.
Atteinte au crâne : laver la plaie, couper les cheveux, immobilité.
Atteinte à la poitrine : pansement, ba**er le torse.
Atteinte au ventre : pansement, ne pas boire, immobilité.
Nettoyage rapide des plaies avec alcool, éther, teinture d’iode.
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Syncopes
Syncope blanche (figure pâle) : allonger à plat ventre, tête basse, flagellation, frictions vinaigrées, respiration artificielle.
Syncope bleue (figure congestionnée) : respiration artificielle, inhalation d’oxygène.
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Pharmacie à prévoir
Une boîte contenant :
Coton et buvard
Gaze, bandes, ouate
Lunettes d’auto pour les yeux
Chlorure de chaux en poudre en boîte étanche (à conserver au sec et à ouvrir avec prudence)
Eau blanche, eau de javel, eau oxygénée, teinture d’iode fraîche (moins de 4 mois), éther, pétrole, alcool à 90°, essence, huile goméolée
Solution de permanganate à 0,50 g/litre
Solution d’hyposulfite de soude à 10 %
Solution de bicarbonate de soude à 22 g/litre
Solution de sel de cuisine à 14 g/litre
Conserver ces solutions bien bouchées.
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Une conférence plus détaillée sera faite ultérieurement et des ordres de sécurité spéciaux seront donnés par la municipalité.
Commandant PELEGE
Directeur de la Défense Passive urbaine, délégué par le Préfet de la Nièvre.