31/08/2026
Une pensée émue pour cette grande dame 🙏
Elle avait 18 ans en 1944 quand elle a quitté sa ferme du Minnesota pour rejoindre les chantiers navals de Seattle. Jeanne Gibson y a appris à souder l'acier des destroyers que l'US Navy envoyait dans le Pacifique. Comme des millions d'Américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a pris la place des hommes partis au front, dans les usines et les arsenaux. Ces ouvrières sont entrées dans l'Histoire sous un seul nom, « Rosie the Riveter » : l'affiche au bandana à pois rouges, au bras replié et au slogan « We Can Do It ».
La guerre finie, Jeanne Gibson n'a pas rangé son histoire dans un tiroir. Elle a repris des études jusqu'au doctorat, puis a enseigné pendant près de trente ans. Devenue l'une des dernières « Rosies » encore en vie, elle a passé ses dernières années à transmettre : dans les écoles, lors des cérémonies, et au mémorial de Pearl Harbor, où elle revenait régulièrement avec l'association Pacific Historic Parks. En 2024, les « Rosie the Riveter » ont reçu collectivement la Congressional Gold Medal, la plus haute distinction civile décernée par le Congrès américain. En juillet 2026, une bannière à son effigie a été dressée au Rosie the Riveter Park.
Jeanne Gibson s'est éteinte le 29 juillet 2026, à 100 ans. « Sa chaleur, ses encouragements et son enthousiasme ont marqué durablement tous ceux qui ont eu le privilège de la rencontrer », a écrit Pacific Historic Parks. Le ministère américain de l'Intérieur a salué une femme qui « incarnait la résilience et le patriotisme de la Greatest Generation ». Avec elle s'efface un peu plus le dernier carré de témoins directs d'une génération d'ouvrières qui, boulon après boulon, ont fait tourner l'arsenal d'un pays en guerre.