15/04/2026
Communiqué de presse
FIBD : l’inconséquence des pouvoirs publics met en péril l’avenir du Festival
À la suite du report de l’audience judiciaire, l’Association du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) et la société 9eArt+ tiennent à alerter solennellement sur une situation devenue critique.
Silence des pouvoirs publics, justice en réponse
Depuis des mois, l’Association du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) et la société 9eArt+ n’ont cessé de solliciter un dialogue avec les pouvoirs publics afin de bâtir des solutions garantes de l’avenir du Festival. Cette démarche responsable est restée sans réponse. Ce silence persistant couplé à un refus manifestement assumé d’échange des financeurs publics, les a contraintes à saisir la justice en assignant l’ADBDA pour concurrence déloyale et parasitisme. Le cahier des charges élaboré par cette dernière vise en effet à reproduire, purement et simplement, sous une autre appellation factice, l’intégralité du Festival de la bande dessinée d’Angoulême, tel qu’il a été créé et géré pendant plus de 50 ans par l’Association du même nom en s’appropriant indûment son contenu, son identité et son héritage.
Dans le même temps, la nouvelle demande de report de l’audience de ce jour par le Conseil de l’ADBDA amène l’Association et la société 9èArt+ à constater une stratégie d’évitement qui empêcherait toute clarification rapide de la situation, au détriment de l’ensemble des acteurs du secteur.
Face à cette tentative de spoliation, l’Association du FIBD et 9eArt+ annoncent qu’elles envisagent d’appeler à l’audience dont fait l’objet le référé, la structure qui serait désignée lauréate de l’appel à projets de l’ADBDA, dès lors qu’elle participerait à cette entreprise de parasitisme illicite.
Un festival massacré, un territoire sacrifié, des millions envolés
Les conséquences économiques de cette crise sont déjà lourdes. L’annulation de l’édition 2026 a entraîné un choc financier massif, des pertes considérables pour le territoire d’Angoulême, pour le département de la Charente et l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine. Les pertes se chiffrent en millions d’euros de retombées directes et indirectes, affectant brutalement et durablement entreprises locales, prestataires, et nombreux professionnels des différents secteurs, sans réponse adaptée des collectivités publiques. Les dispositifs d’aide ponctuels annoncés, restent largement insuffisants et déconnectés de la réalité du préjudice subi, ignorant la casse sociale et laissant un tissu économique entier absorber seul les conséquences.
Dans ce contexte, 9eArt+ a engagé une réclamation indemnitaire pour exiger le respect des engagements publics relatifs aux subventions de l’édition 2026. Cette démarche vise en priorité à permettre le paiement, des nombreux créanciers : prestataires, fournisseurs et partenaires- dont beaucoup sont locaux-, (hôteliers, restaurateurs, imprimeurs...), participants étrangers (canadiens, japonais, coréens...) restent aujourd’hui en attente – et à préserver l’écosystème économique du Festival.
Transparence annoncée, opacité à l’arrivée
Au-delà des enjeux financiers, c’est aussi une question de principe. Depuis plus d’un demi-siècle, le Festival s’est construit grâce à l’engagement de ses bénévoles, de ses équipes et de ses partenaires. Le respect de leur travail, de leurs droits et de leur investissement ne saurait être ignoré ni contourné.
Alors même que l’Association du FIBD, créatrice de l’évènement, avait été violemment mise en cause pour un prétendu manque de transparence – jusqu’à subir pressions et attaques notamment sur la composition de son jury, ses critères de sélection et son calendrier – les personnes publiques et l’ADBDA avaient solennellement promis une exemplarité totale dans la conduite de leur propre appel d’offres : publication des règles, clarté des procédures, transparence sur les décisions...
Le nom du lauréat s’apprête à être dévoilé sans qu’aucune de ces garanties n’ait été respectée : ni communication préalable sur le jury, ni information sur les critères retenus, ni visibilité sur le déroulement du processus.
Ce qui était dénoncé hier, à tort, est devenu, dans les faits, et désormais, une opacité totale. Une transparence proclamée, mais manifestement abandonnée en chemin.
Un appel à la ministre de la Culture pour sauver le Festival
Aujourd’hui, le calendrier nécessaire à l’organisation d’une édition 2027 est d’ores et déjà compromis. Le risque est dorénavant réel de voir disparaître un événement qui a mis cinquante ans à s’imposer comme une référence mondiale du 9ème art et comme un motif de fierté pour Angoulême et la France.
Alors que des engagements publics d’exemplarité n’ont manifestement pas été respectés, ce qui interroge nécessairement sur les réelles motivations initiales des collectivités locales et de l’Etat, au premier rang desquels la Mairie d’Angoulême, la situation actuelle révèle une carence préoccupante dans la gouvernance du projet.
L’Association du FIBD et 9eArt+ en appellent à Catherine Pégard, en sa qualité de ministre de la Culture, afin que, forte de ses responsabilités et prérogatives, elle établisse un cadre de dialogue réel et transparent permettant à ce festival de retrouver sa sérénité, son dynamisme ainsi que l’indépendance éditoriale qui, année après année, a constitué le fondement de son succès planétaire.
Dans cette attente, les signataires réaffirment leur détermination à défendre leurs droits, mais aussi à préserver ce bien culturel, aujourd’hui menacé par des décisions et procédures dont la cohérence questionne profondément : sous couvert de sauver une manifestation prétendument en péril — dont l’édition 2025 a pourtant battu tous les records- se sont dessinées en réalité des prises de pouvoir brutales qui ont pris le pas sur toute autre considération.